«Marocaines d’ici et d’ailleurs» : pour l’élaboration de politiques publiques plus adaptées aux attentes des émigrées

«Marocaines d’ici et d’ailleurs» : pour l’élaboration de politiques publiques plus adaptées aux attentes des émigrées

«La problématique de la protection des jeunes migrantes marocaines contre les réseaux de prostitution est aujourd’hui l’objet du travail d’une commission technique qui fait converger les efforts de plusieurs ministères, au sein du ministère de l’Intérieur et de la direction de la migration», a déclaré vendredi Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité lors de la deuxième édition des «Marocaines d’ici et d’ailleurs». Cette rencontre, organisée par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) et qui s’est tenue les 18 et 19 décembre à Marrakech, a été initiée cette année sous le thème «Féminisation de la migration: dynamiques internationales et spécificités marocaines ». Près de 400 femmes marocaines d’ici et de plus de 20 pays d’immigration ont participé à cette deuxième édition. Ce colloque s’est donné pour objectif de contribuer à l’élaboration de nouvelles politiques publiques plus adaptées aux attentes et aspirations de l’ensemble des émigrées. «C’est la première fois qu’un colloque scientifique d’une telle qualité se tient ici, à Marrakech. Jusqu’à présent nous n’avions pas une connaissance intime de cette émigration féminine. Ce colloque a permis d’examiner les points à travers lesquels il faut développer les recherches. A travers cette rencontre, de nouvelles initiatives vont être prises par les participantes. Notre rôle est de fournir une plate-forme pour que les participantes élaborent entre elles des modalités de partenariat qui doivent se traduire par des actions concrètes», a déclaré à ALM Driss El Yazami, président du CCME.
Pour faire face aux problèmes des Marocaines qui ont immigré dans des conditions difficiles et qui sont exposées à des formes de pression et de violence, une commission technique travaille actuellement sur la mise en place d’un plan d’action en vue de les protéger. Mme Skalli a souligné qu’en 2009, le ministère de l’Intérieur a démantelé 130 réseaux en matière de lutte contre la traite des personnes y compris des femmes et des enfants. Les questions de la migration féminine continuent d’être relayées au second plan. Les recherches, les études et les analyses à ce sujet sont peu nombreuses. «Les femmes sont invisibles dans les statistiques relatives à l’émigration», note Abdeslam Marfouk, économiste et chercheur à l’IRES, Université catholique de Louvain. Conséquences : elles sont souvent traitées avec des visions stéréotypées. Pour sa part, Mohamed Ameur, ministre délégué chargé de la Communauté marocaine à l’étranger, a indiqué que le Maroc s’est inscrit dans une nouvelle approche de l’immigration qui prend en considération toutes les mutations qu’a connues la diaspora marocaine. Plusieurs initiatives ont été prises en faveur de la communauté marocaine résidant à l’étranger, en l’occurrence l’appui des femmes en situation de vulnérabilité. Dans ce cadre, 25 services d’assistantes juridiques ont été mis en place dans les consulats marocains à l’étranger. Autres initiatives : la mise en œuvre de la Moudouwana à l’étranger, le soutien aux associations féminines à l’étranger. M. Ameur lancé un appel en vue de porter une attention particulière aux femmes de Tindouf, être à l’écoute de leurs souffrances et répondre à leurs besoins. Ce séminaire scientifique a permis de prendre connaissance des travaux les plus récents sur les Marocaines émigrées dans la plupart des pays d’immigration tout en procédant à une approche comparative avec d’autres migrations féminines. A l’issue de ces deux jours de travaux et de réflexion, les participants ont mis l’accent sur la nécessité de mettre en place un Observatoire de la migration féminine et de mobilisation des compétences. Il a aussi été jugé primordial de créer un comité de suivi des femmes marocaines vivant dans les pays du Golfe et de lutter contre l ’image négative qui lui est inculquée. Celle-ci est traitée en véritable prostituée. Les participantes ont également insisté sur la nécessité de préparer les femmes candidates à l’immigration et de soutenir les femmes porteuses de projets dans la mère-patrie. Elles ont souligné l’importance de mettre en place une base de données sur la situation des migrantes marocaines dans leur pays d’accueil, de renforcer la sécurité sociale des femmes retraitées. A ce sujet, il a aussi été relevé l’absence de prise en charge dans leur pays d’origine et la souffrance psychologique de ces personnes.

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