Marrakech : Ça bout à l’université

Marrakech : Ça bout à l’université

Cela fait un an que la réforme universitaire est lancée et cela fait, également, un an que les rencontres de sensibilisation et de vulgarisation des tenants et aboutissants de la réforme ont commencé. Toutefois, elle ne semble pas appréciée par tout le monde. Le départ de la réforme n’a pas été une grande réussite.
Pendant les examens du premier semestre de la présente année universitaire, la Faculté de droit Kadi Iyad de Marrakech a été le théâtre de l’un des plus fâcheux événements contre la réforme universitaire. C’était un 27 décembre 2004, lorsque des étudiants ont empêché leurs collègues de passer les examens de la première session d’automne en ayant recours à la force et à la violence.
Pour usage d’armes, notamment armes blanches, les étudiants "rebelles" ont été condamnés par la Cour d’appel de la ville de Marrakech d’un mois à trois ans de prison. Selon le doyen de la Faculté, Ahmed Trachen, il s’agit de" bassistes qui voulaient saboter la réforme !".
Auparavant, le Conseil de la Faculté avait entamé des négociations avec le groupe des étudiants toutefois les négociations ont été toutes vouées à l’échec. Les opposants étaient fermement attachés à leur position.
Malheureusement, il ne s’agit pas de l’unique incident enregistré à l’encontre de la réforme en cours. Plusieurs facultés, à travers le Maroc, ont vécu des événements similaires, tel était le cas dans les Facultés de Fès et d’Agadir par exemple.
Si certains de nos étudiants ont manifesté leur opposition d’une manière un peu " violente" d’autres ont, toutefois, opté pour une méfiance totale.
En effet, la grande majorité des étudiants ignore tout sur les apports et les changements opérés sur le système pédagogique universitaire et sur son importance. Ainsi, ils paraissent désorientés devant ce changement rapide.
De leur côté, certains professeurs affirment qu’ils n’ont pas encore saisi la portée de la réforme et ne maîtrisent pas tous ses aspects.  De ce fait, ils n’arrivent pas à satisfaire la curiosité de leurs étudiants et à répondre à leurs questions.
Cependant un paradoxe s’impose. Si les étudiants accusent le ministère titulaire et les responsables universitaires d’un manque de communication pour leur expliquer les tenants et aboutissants de cette nouvelle réforme, ces derniers accusent, à leur tour, les étudiants d’un manque d’intérêt et de passivité. " La Faculté a mis en place une commission qui rassemble les responsables des filières, qui sont des professeurs chargés de vulgariser les apports du nouveau système pédagogique à leurs étudiants. Nous disposons également d’un conseil de la Faculté formé d’étudiants représentant l’ensemble des étudiants de la Faculté. Ils ont, également, la tâche de répondre aux différentes questions posées par leurs collègues." Précise Rachid Hadari, vice-doyen de la Faculté des Lettres et des sciences Humaines Ben M’Sik de Casablanca. Dans cet objectif, des rencontres et des débats sont constamment organisés au sein de l’établissement. Toutefois, les étudiants ne participent jamais à ces réunions. "L’étudiant marocain est un étudiant consommateur. Il s’attend à ce qu’on lui prépare tout. Ainsi, parmi les apports de la nouvelle réforme, faire de cet étudiant un élément actif au sein de l’université, dynamique et plus responsable. C’est à lui de s’activer et de chercher l’information".
Depuis son lancement, au cours de l’année universitaire 2003-2004, la réforme universitaire a ouvert un large champ à plusieurs débats, aux interrogations mais aussi aux inquiétudes.
"Si la réforme s’est un peu heurtée au début c’est un peu normal. Car il est impossible d’instaurer un changement du jour au lendemain. Au début il y a toujours des réticences. Le changement et l’acceptation du changement, surtout quand il est positif, se fait étape par étape."explique M. Hadari. "Par ailleurs, les résultats de l’année précédente révèlent que les taux de participation des étudiants aux examens sont supérieurs à ceux enregistrés préalablement dans l’ancien système. " ajoute M. Trachen, doyen de la Faculté de droit de Marrakech.   
En effet, la réforme du système pédagogique universitaire national a pour objectif d’insérer ce dernier dans la grande réforme que connaît le système pédagogique à l’échelle internationale.
Elle se caractérise par le soucis d’amélioration de la qualité de l’enseignement et principalement par l’autonomie pédagogique des institutions. Elle vient répondre aux besoins de développement socio-économiques du Maroc en introduisant une nouvelle conception de l’enseignement universitaire. Un enseignement flexible, modulable et prospectif en conjuguant le monde des études avec celui du travail.

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