Mascarade hispano-américaine à l’ONU

Mascarade hispano-américaine à l’ONU

«Le Conseil de sécurité n’a encore pris aucune décision concernant la question de notre cause nationale. Les consultations, qui sont toujours en cours, ont commencé vendredi et duré une heure et demie. Les membres du Conseil de sécurité ont décidé de les poursuivre mercredi prochain ». C’est en ces termes que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Mohamed Benaïssa, a démenti, samedi à Rabat, que le Conseil de sécurité ait pris une quelconque décision concernant la question du Sahara marocain. Les explications du chef de la diplomatie marocaine intervenaient à un moment où des informations diffusées par des agences de presse faisaient état de l’adoption par le Conseil de sécurité du plan Baker en tant que solution définitive à l’affaire du Sahara. Le ministre a par ailleurs rappelé que le Maroc, qui avait des contacts avec tous les pays membres du Conseil de sécurité à travers les messages royaux et les émissaires de SM le Roi Mohammed VI aux capitales de ces pays, « a affirmé que tout règlement politique de la question du Sahara ne doit en aucun cas porter atteinte à notre intégrité territoriale et à la souveraineté nationale du Maroc sur l’ensemble de son territoire ». Benaïssa a ajouté que le Maroc a toujours exprimé « sa disposition à ouvrir un dialogue sincère, franc et démocratique en vue de parvenir à un règlement politique qui préserve au Maroc sa souveraineté sur ses territoires et son intégrité territoriale, et qui garantit aux habitants de nos provinces du Sud des compétences telles que stipulées dans notre accord avec les Nations unies ». La réaction du ministre marocain intervenait donc au lendemain d’une soirée mouvementée dans les coulisses du Conseil de sécurité de l’ONU où les événements autour de l’affaire du Sahara s’étaient accélérés d’une manière à la fois inhabituelle et inattendue. Une « révolution » provoquée par une surprenante initiative américaine visant à imposer le plan Baker comme solution définitive du conflit. Ainsi, le représentant des Etats-Unis auprès de l’Onu, John Negroponte, a présenté, vendredi soir, un projet de résolution obligeant les parties concernées par l’affaire du Sahara à accepter le plan de règlement Baker-bis. La proposition a été distribuée aux quinze membres du Conseil par la délégation américaine au nom du « Groupe des amis du Sahara occidental » qui regroupe, outre les Etats-Unis, l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Expliquant les raisons de cette initiative, Negroponte a précisé que « cette résolution est la meilleure façon de parvenir à une solution au conflit ». Soutenue par la présidence du Conseil, actuellement entre les mains de l’Espagne, la proposition américaine a été soumise aux débats que le Conseil a tenus à huis clos. Fait inhabituel, étant donné que les débats sur le Sahara ont toujours été ouverts. Au terme de cette réunion, le conseil annonça qu’une réunion des experts aura lieu mercredi pour poursuivre le travail entamé par les chefs de délégations. S’adressant à la presse, le représentant espagnol auprès de l’ONU, Inocencio Arias, a déclaré que « le Maroc ne doit pas fermer les yeux devant cette tentative sérieuse de résoudre la dispute ». Pour Arias, « le nouveau plan Baker est juste et équitable puisqu’il est un cocktail des propositions antérieures ». Outre cette surprenante offensive diplomatique hispano-américaine pour imposer le plan Baker, la soirée du vendredi allait dévoiler une autre « surprise ». Le polisario, qui prétendait être contre les propositions de Baker, a annoncé qu’il acceptait ledit plan au moment même où le projet de résolution américain allait être présenté aux membres du Conseil de sécurité. Une décision que les séparatistes de Tindouf ont présentée comme une réponse favorable aux interventions de l’Espagne et de l’Algérie. Au vu de ces différents aspects, on se trouve face à une situation inédite dans l’histoire de notre cause nationale. Car, non seulement le Conseil de sécurité semble être décidé à adopter une résolution imposant le plan Baker, mais il a même établi un programme d’action pour mettre en application cette décision. Un calendrier qui débuterait mercredi par la réunion des experts pour confectionner la résolution et finirait par son adoption le 28 juillet tout en prorogeant le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre. Enfin, le plan Baker étant contraire au principe de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, l’on s’attend du côté marocain à une mobilisation diplomatique et médiatique urgente et efficace afin de mettre un terme à ce projet qui risque de mettre en péril la cause de la nation.

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