Massacre sur fond d’adultère

Le paisible douar Lemâsra, Caidat Ben Ahmed, à 60 kilomètres de la ville de Chefchaouen, allait vivre une matinée particulière, samedi 18 janvier 2003. Un horrible crime a eu lieu. Cinq personnes de la même famille, dont trois enfants, sont assassinées. Une grand-mère de 60 ans, sa fille de 38 ans et ses petits-enfants, Souheila 11 ans, soufiane 10 ans et Samia 6 ans. Les cadavres ont été découverts séparément à l’intérieur des chambres, avec des traces de torture et des blessures graves. Quand les enquêteurs furent sur place, ils étaient ébahis de stupeur. Ce qu’ils avaient devant eux n’était pas une scène ordinaire.
Une scène qui n’évoque pas les contours d’un crime de passage, elle ressemble plutôt à ce qui se passe lors des guerres civiles et des nettoyages ethniques.
La mère des enfants fut trouvée à moitié nue, ce qui incite à déduire qu’il s’agit d’une affaire de moeurs. Un adultère. Après deux jours d’investigations, les éléments de la gendarmerie royale ont mis la main sur l’assassin, Thami Mankhouch, un ouvrier de 32 ans. Il a reconnu avoir été responsable de cette tuerie après avoir été confronté à des preuves tangibles. Au début, il prétendit avoir deux complices, les frères Elyoussfi, mais après il est revenu sur ses déclarations expliquant qu’il voulait les entraîner dans cette affaire pour un vieux règlement de compte.
L’un des deux frères fut immédiatement libéré, et l’autre gardé en détention car les gendarmes ont trouvé chez lui des bouteilles de vin et de la drogue. Dans un premier temps, l’éventuelle présence des complices s’est vite trouvé une place en tant que morceau du puzzle. L’assassin avait en effet une relation d’adultère avec la mère des enfants. Donc il n’y avait aucune raison apparente pour que les choses dégénèrent, sauf si, l’amant avait proposé à ses complices de s’offrir une partouze. La reconstitution du crime eut lieu mardi 21 janvier en présence du procureur général du Roi et des autorités compétentes. Après quoi il s’est avéré que l’affaire remonte à la soirée du vendredi 17 janvier quand l’assassin était bourré de drogue et d’alcool. Tard dans la nuit Thami Mankhouch se dirige vers la maison lieu du crime.
Il a réussi à se faufiler à travers le toit de taule pour atteindre le lit de sa maîtresse, la mère des trois enfants massacrés. S’apercevant de sa présence, la femme supplie son amant de s’en aller craignant un scandale. Sa mère dormait chez elle cette nuit.
L’assassin n’a rien voulu entendre. Non seulement parce qu’il était sous l’effet de stupéfiants, mais surtout parce que l’envie lui avait monté à la tête. Le sexe est le plus grand narcotique du monde. Meilleur que l’alcool, meilleur que la drogue : cela occupe toute votre concentration et pour un moment au moins, tout le reste paraît sans importance. Il peut vous faire planer, même si, à des moments il risque de vous coûter très cher. C’est le cas de cet homme, qui pour un moment de plaisir, a massacré toute une famille d’innocents. Et quand la victime a refusé d’obtempérer, il a sorti un couteau et lui a administré plusieurs coups dans différentes parties de son corps.
Sous la douleur aiguë des caresses d’acier, la femme poussait des cris stridents. Sa mère, la grand-mère des enfants s’est réveillée à son tour, pour être réduite au silence à jamais. Thami l’a tout simplement tuée avant de reprendre son assaut animal. Les choses auraient pu en rester là. Mais ce monde est parfois sans pitié. Il a fallu que les enfants soient réveillés, et sous l’effet de la terreur, ils commencèrent à pleurer en criant. Loin d’avoir un quelconque état d’âme, le boucher les a tous égorgés avant de quitter les lieux dans la noirceur de la nuit, laissant derrière lui cinq morts. Seul le père des enfants est resté en vie pour la simple raison qu’il travaillait dans la région de Ketama, et par conséquent il n’était pas présent lors de l’accomplissement du drame. Les enquêteurs ont remonté jusqu’au coupable après avoir interrogé un certain nombre de suspects parmi lesquels se trouvait un malade mental qui sera libéré par la suite. Mais entre les doigts de la victime, les enquêteurs sont trouvé quelques cheveux provenant de la tête de Thami l’assassin qui avait encore des écorchures sur le visage lorsqu’il fut appréhendé.
Probablement lorsque la victime se défendait face à une mort imminente. Le matin de la triste découverte, les voisins de la famille massacrée ont été les premiers à s’apercevoir que quelque chose d’anormal s’était produit. Les victimes, et surtout les enfants qui devaient aller à l’école ne se sont pas manifestées.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *