Mauritanie : Ould Mansour appelle à une lutte contre l’extrémisme

Mauritanie : Ould Mansour appelle à une lutte contre l’extrémisme

Le président d’un parti islamiste mauritanien modéré, Jamil Ould Mansour, a appelé, mardi, à une lutte «généralisée» contre l’extrémisme pour la sécurité des populations et des étrangers en Mauritanie, après des attaques et enlèvements attribués à Al-Qaïda. «Tout doit être mis en œuvre pour une lutte généralisée contre les extrémistes pour assurer la sécurité de nos populations et de nos hôtes, musulmans, chrétiens, juifs ou autres présents parmi nous», a affirmé Jamil Ould Mansour, chef de Tewassoul, au cours d’une conférence de presse. Tewassoul, un parti d’opposition, compte cinq députés sur les 95 à l’Assemblée. Jamil Ould Mansour a condamné les dernières prises d’otages en Mauritanie, par les groupes terroristes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), estimant que les autorités mauritaniennes doivent opter pour une «stratégie globale à même de faire face à l’intégrisme et à l’extrêmisme». Cinq otages européens, trois Espagnols et deux Italiens, ont été enlevés fin novembre et mi-décembre en Mauritanie et sont encore détenus dans le nord du Mali par Aqmi. La Mauritanie a également subi au cours de ces trois dernières années une série d’attaques meurtrières attribuées à cette organisation. Jamil Ould Mansour a appelé tous les pays de la région à une «coordination continue et à la concertation préalablement à toute décision en matière de lutte contre le terrorisme», en allusion à la décision du Mali de libérer un extrémiste mauritanien pour obtenir la libération d’un otage français. Quatre islamistes (deux Algériens, un Burkinabé et un Mauritanien) arrêtés en avril 2009, dans le nord du Mali- dont Al-Qaïda exigeait la libération contre celle du Français Pierre Camatte ont été libérés le mois dernier, après avoir été condamnés à une peine correspondant à leur détention préventive. Nouakchott et Alger avaient rappelé leurs ambassadeurs à Bamako après ces libérations d’islamistes, en signe de protestation.
Rappelons qu’une vaste campagne de sensibilisation contre les dangers du terrorisme et de l’extrémisme est menée à travers les médias publics en Mauritanie. Les émissions débats diffusées en direct par la télévision et la radio d’État, mettent à contribution notamment des ouléma, des chercheurs et des psychologues pour expliquer la dérive qui mène certains «jeunes égarés» vers le terrorisme. Au cours de ces émissions, les intervenants expliquent que le concept du Jihad, souvent mal interprété par les fondamentalistes, l’interdiction de verser le sang d’autrui par la Charia, ainsi que le sacrilège que constitue toute attaque contre des non musulmans en terre d’Islam.

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