Max Goldi est arrivé en Suisse

Max Goldi est arrivé en Suisse

Le Suisse Max Goldi, retenu depuis juillet 2008 en Libye, est arrivé dans la nuit de dimanche à lundi à l’aéroport de Zurich (nord) accompagné par le chef de la diplomatie helvétique qui a signé avec Tripoli un accord ouvrant la voie à la normalisation de leur relation. L’avion a atterri vers 01h20 (23h20 GMT) sur la piste de l’aéroport de Zurich, selon un photographe de l’AFP. M. Goldi, qui était également accompagné par le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, a été accueilli par sa famille. Il n’a pas fait de déclaration aux médias. M. Goldi, libéré jeudi de prison, a quitté Tripoli dans la soirée de dimanche par un avion de ligne et fait escale à Tunis où il a retrouvé le chef de la diplomatie helvétique Micheline Calmy-Rey. Avant son départ pour Zurich, l’homme d’affaires suisse avait indiqué être «heureux de retrouver la liberté après deux années très difficiles vécues comme un cauchemar». Le Suisse, âgé de 54 ans, responsable du groupe d’ingénierie ABB en Libye, avait été arrêté et assigné à résidence à Tripoli avec un autre homme d’affaires suisse, Rachid Hamdani, le 19 juillet 2008 en représailles à l’arrestation à Genève d’un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal, sur une plainte pour mauvais traitement de deux domestiques. Cette affaire avait provoqué une crise diplomatique entre Berne et Tripoli qui ont signé dimanche un «plan d’action» sous l’égide de l’Union européenne, ouvrant la voie à une normalisation de leurs relations. Pour arracher le retour de l’homme d’affaires, qui avait écopé d’une peine de quatre mois pour séjour illégal, Mme Calmy-Rey et M. Moratinos s’étaient rendus à Tripoli samedi soir. Ils avaient pu s’entretenir avec M. Kadhafi, en présence du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, après la signature du document cosigné par l’Espagne et l’Allemagne en tant que garants. Le «plan d’action», réclamé par Tripoli, prévoit la constitution d’un «tribunal d’arbitrage» international pour enquêter sur les circonstances de l’arrestation d’Hannibal Kadhafi. Le document aborde également la «publication illégale» en septembre 2009 dans un journal genevois des photos d’identité d’Hannibal Kadhafi au moment de son arrestation. La Suisse y exprime ses «excuses» et s’engage à poursuivre en justice les responsables de cette fuite. En avril, le tribunal de 1ère instance de Genève avait donné raison au fils du leader libyen, qui avait porté plainte contre cette publication. Il n’avait pas suivi la demande de réparations de 100.000 francs suisses (69.500 euros) de dommages. Le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa a toutefois assuré que la justice suisse avait finalement décidé une indemnisation de près de 1,5 million d’euros déjà payée. La crise entre Berne et Tripoli a été ponctuée de multiples rebondissements, entre les représailles économiques des autorités libyennes, des excuses sans effet lors d’une visite catastrophe du président de la Confédération en Libye et le «kidnapping» selon Berne des deux hommes d’affaires en septembre 2009 qui ont été emprisonnés pendant plus de 50 jours. Après ces arrestations, les autorités helvétiques avaient décidé de restreindre pour l’élite libyenne l’attribution de visas permettant d’accéder aux pays de l’espace Schengen, dont elle est membre associé. Tripoli avait répliqué en février en annonçant des restrictions de visas à l’encontre des ressortissants des pays de l’espace Schengen, provoquant la colère de plusieurs capitales européennes et entraînant une médiation de Bruxelles.

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