Médias : l’année de la réforme

Lancement de la station radio de 2M (en cessation d’activités pour le moment), création « juridique » d’une nouvelle chaîne de télévision à Tanger, acquisition du groupe Maroc Soir par le groupe Finance.com…L’année 2001 aura été celle des grandes manoeuvres dans le domaine de l’audiovisuel au moment où la loi-cadre sur le secteur semble franchir une étape décisive, selon les responsables du ministère de la Culture et de la Communication.
Auprès du département de M. Mohamed Achaâri, on qualifie ces manoeuvres comme étant normales voire légitimes dans la mesure où les acteurs veulent anticiper sur les recompositions à venir. L’enjeu est stratégique. Si la réforme est adoptée cette année, ces opérateurs auront certainement une longueur d’avance sur leurs concurrents potentiels. C’est le cas d’ailleurs pour Médi 1 qui a mis sur le papier sa télévision baptisée Médi -1-Sat. La station tangéroise ne lésinera pas sur les moyens pour réussir son introduction sur le marché télévisuel même si le capital annoncé de 5 millions de DH est modeste. L’entreprise doit d’abord se préparer pour la renégociation de la convention qui la lie à l’Etat marocain qui en détient 51 %. Selon les dispositions, cette convention devait prendre fin cette année. Mais une clause y figurant précise que cette dernière ne prendra forme qu’à partir du lancement effectif de l’émetteur de Nador dont le coup d’envoi a été donné fin 1982. Une chose est sûre : les sociétés qui détiennent les droits d’exploitation de Médi 1 et de 2M doivent se conformer aux nouvelles dispositions de la loi-cadre sur l’audiovisuel. Médi1 perdra donc son monopole publicitaire radiophonique.
La réforme porte sur la libéralisation progressive du secteur tout en dotant le pays d’un pôle audiovisuel public performant pour résister à la concurrence agressive. Cette démarche implique la transformation de la RTM en société anonyme et son éclatement en trois entités autonomes. Le projet de loi prévoit également l’autonomie de la chaîne de radio nationale et aux chaînes régionales. L’objectif étant de leur donner la possibilité de se développer dans une dynamique de réseau et les ouvrir à la publicité. Pour assurer la régulation du secteur, cela implique la création d’une instance supérieure de l’information et de la communication. Une disposition prévue d’ailleurs dans la loi-cadre. Le projet de réforme concerne la révision des mécanismes de fonctionnement du Fonds de promotion du paysage audiovisuel national aussi bien au niveau des procédures de fonctionnement, de l’attribution des ressources que leur répartition.
Pour ouvrir les portes à cette réforme, l’entourage du ministère de la Communication laisse entendre que le projet bénéficie de l’aval des principaux centres décisionnels dans pays. Faut-il se fier à ce genre de bruits quand on sait qu’il s’agit d’une tactique vieille comme le temps utilisé par les hommes politiques afin d’accélérer la machine pour faire adopter des textes.

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