Médicaments anti-rhume : Une ordonnance bientôt exigée?

Médicaments anti-rhume : Une ordonnance bientôt exigée?

En cette période hivernale, les médicaments contre le rhume sont consommés de manière abusive. Plus de 5.865.000 boîtes de médicaments à base de vasoconstricteurs ont été consommées au Maroc en 2011.
En l’espace de 5 ans, cette consommation a plus que doublé (près de 2.815.000 boîtes en 2006).
Néanmoins, jusqu’alors disponibles en pharmacie sans ordonnance, certains médicaments anti-rhume, notamment, Humex, Actifed et Dolirhume, pourraient bientôt être délivrés sur ordonnance. Contacté par ALM, un responsable au ministère de la santé confirme qu’une mise en garde a été émise par le Centre national de pharmacovigilance sur le bon usage de ces médicaments. En revanche, aucun avis ou circulaire n’a été émis par le ministère de la santé pour vendre ces médicaments uniquement sur ordonnance. Pour plusieurs pharmacies, le ministère de la santé  traîne visiblement pour prendre les décisions qui s’imposent: imposer la prescription de ces produits par un médecin, ou les retirer du marché. Toujours est-il qu’une décision urgente s’impose vu les risques que peuvent présenter ces médicaments. En effet, ceux-ci contiennent de la pseudoéphédrine, une molécule à effet vasoconstricteur qui augmenterait le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Ces médicaments sont contre-indiqués chez les personnes hypertendues ou ayant des antécédents cardio-vasculaires. Les effets indésirables sont nombreux : angine de poitrine, infarctus, poussées hypertensives, convulsions, accident vasculaire cérébral. Rappelons qu’en 2001 l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) avait décrété que les médicaments anti-rhume, décongestionnants pour le nez, seraient désormais disponibles uniquement sur «ordonnance non renouvelable». Une décision jugée primordiale pour limiter les éventuels risques d’hémorragie cérébrale que peut provoquer la principale substance active contenue dans ces médicaments, la phénylpropanolamine (PPA). A noter que ce risque est susceptible d’intervenir uniquement lorsque le malade ne respecte pas la dose ou la durée de ce traitement, qui ne doit pas excéder cinq jours.
En 2011, l’Afssaps avait émis quelques rappels concernant le bon usage des médicaments renfermant un vasoconstricteur. Dans un communiqué, l’Afssaps avait rappelé aux consommateurs de ce type de médicaments de ne pas y recourir de façon «abusive» et de «toujours vérifier auprès de leur médecin ou de leur pharmacien s’ils sont bien adaptés à leur cas». Des règles qui ont été émises par la suite par le Centre national de pharmacovigilance (voir encadré).

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