Menaces de déstabilisation dans l’espace sahélo-saharien

Menaces de déstabilisation dans l’espace sahélo-saharien

Le représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU, l’ambassadeur Mohamed Loulichki, a appelé, vendredi à New York, à développer une «culture de la paix» entre pays africains et mis en garde contre les menaces de déstabilisation qui pèsent sur certaines régions du continent, notamment l’espace sahélo-saharien. L’Afrique a réalisé de «grands pas vers la stabilité. Toutefois, des régions du continent tels que la Corne de l’Afrique, les Grands Lacs, l’espace sahélo-saharien continuent d’être la cible d’actes de déstabilisation», a notamment affirmé l’ambassadeur devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Si l’Afrique de l’Ouest a réalisé de grands progrès en cheminant d’un pas décidé vers la paix grâce aux mécanismes développés de l’intégration sous-régionale, et notamment du rôle d’avant-garde de la CEDEAO, il en va tout autrement dans l’espace sahélo-saharien, a-t-il insisté, au cours d’un débat du Conseil axé sur la prévention des conflits en Afrique. L’ambassadeur a pointé du doigt l’absence de coopération transfrontalière, de coordination sécuritaire et la collusion de différents trafics qui font de l’espace sahélo-saharien un arc de crise et une zone grise où s’opèrent des collusions entre ces acteurs non-étatiques, les trafiquants d’armes et les mouvements terroristes tels que «Al Qaïda au Maghreb Islamique» (AQMI). «Désormais aux menaces externes au territoire national, succèdent des menaces internes, globales plus diffuses et qui peuvent prendre la forme de rébellions militaires, de criminalité transnationale ou le terrorisme, qui frappe n’importe où et n’importe quand, et de manière indiscriminée à Casablanca, à New Delhi, à Madrid, à Islamabad, à Londres, ou plus récemment à Kampala», a-t-il averti. Une récente étude du Centre de recherches genevois «Small Arms Survey» a recensé pas moins de 11 mouvements non-étatiques représentant des menaces pour la sécurité régionale en Afrique à cause de leur militarisation élevée. Cette évolution dans la conflictualité «nous incite à revisiter notre concept global de sécurité», a-t-il suggéré. Pour M. Loulichki, la prévention des conflits dans le continent africain passe par la conjonction des efforts des Etats africains vers une gestion concertée de leur sécurité sur les plans nationaux et régionaux. Pour développer cette «culture de paix, essentielle entre les pays africains» et prévenir «l’émergence de crises susceptibles de dégénérer en conflits», il a préconisé plusieurs «paramètres endogènes», notamment le bon voisinage reposant sur le respect mutuel de leurs souverainetés nationales et de leurs intégrités territoriales. La concertation et l’entraide mutuelles sur les plans régionaux et la coopération bilatérale et régionale sur le plan sécuritaire, figurent également au nombre de ces éléments de prévention des conflits, a-t-il dit. Il a, de même, appelé à se pencher sur le traitement des causes sous-jacentes des conflits dans ce continent qui regorge de potentiel, avec près de 930 millions de personnes en majorité jeune. Selon lui, pour éviter la radicalisation, «il n’y a pas de remèdes miracles, il faut s’attaquer aux causes systémiques du sous-développement économique, réformer les systèmes de gouvernance et instaurer les bases de l’Etat de droit».

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