Meurtre au cimetière de Bab Doukkala

Meurtre au cimetière de Bab Doukkala

Après avoir commis son crime, Khaled a rebroussé chemin et est rentré chez lui au quartier M’hamed, douar Chaghouf Bouâkkaz, dans la ville ocre. Il prit une douche. Après quoi, il attendit à l’entrée du quartier l’arrivée des policiers. « Je l’ai tué », a-t-il avoué à la police judiciaire de Marrakech. Des questions se posaient : pourquoi ne s’est-il pas présenté de son plein gré au commissariat de police ? Pourquoi a-t-il commis ce meurtre?
Né en 1984 à Marrakech, Khaled a quitté très tôt les bancs de l’école. Il n’a même pas terminé ses études au-delà du primaire. Son père, marchand ambulant de fruits secs, qui jouit d’une bonne réputation notamment à Bab Doukala et à Douar Lâaskar, l’a initié ainsi à son commerce.
Au fil des jours, Khaled est devenu le bras droit de son père, qui était atteint d’une grave maladie. Après six ans de souffrance, le père est décédé. Khaled devait travailler seul sans le soutien de son père et faire face à la concurrence dans le marché. Il devrait également travailler dur pour subvenir aux besoins quotidiens de sa mère, l’unique membre de la famille qui lui reste dans ce monde.
Toutefois, quelques mois après, le jeune homme était incapable d’assumer la responsabilité. Et il a fini par abandonner le commerce des fruits secs. Sa mère fut très contrariée. Elle s’inquiétait de son avenir. « Je vais travailler au cimetière », lui a-t-il confié.
Depuis ce jour, Khaled a commencé à fréquenter quotidiennement le cimetière de Bab Doukkala. Il nettoyait les tombes et les aspergeait d’eau. En contrepartie, la famille du défunt lui verse quelques dirhams. Toxicomane, il gaspillait une partie de la recette quotidienne en achetant sa dose de haschich et versait le reste à sa mère.
Au même cimetière, Abderrahim travaillait pour gagner sa vie. Ce beau jeune homme de vingt-six ans y a passé plus de quatre ans. Il connaissait à peine Khaled. Il le voyait de temps en temps en train d’offrir ses services aux familles des défunts. Mais, depuis son arrivée, il ne lui a jamais adressé la parole.
Cependant, il fut surpris, ce jour de septembre, par Khaled qui s’est présenté devant lui. Khaled lui a tendu la main pour le saluer. Abderrahim l’a salué également tout en lançant un sourire de courtoisie. Et Khaled a commencé à lui parler de tout et de rien.
Après un moment, il lui lança : « Je veux faire l’amour avec toi ».
Abderrahim, qui n’arrivait pas à croire ses oreilles, lui expliqua qu’il n’est pas un homosexuel. Avec violence, il l’a giflé en tentant de l’obliger à lui obtempérer. Mais en vain. Après quoi, il a tenté de lui subtiliser sa montre. Abderrahim poussa violemment Khaled. Ce dernier tomba par terre. Ensuite, il lui cogna la tête contre le sol. Le sang coulait abondamment. Khaled est retourné chez lui, le cœur rempli d’amertume. Il resta éveillé toute la nuit. L’idée de la vengeance lui hanta l’esprit. Très tôt, il quitta le lendemain matin la maison. Il portait sous ses vêtements un couteau.
Arrivé au cimetière, il guettait Abderrahim.  Après quelques minutes, il lui assena un coup de couteau au niveau de la nuque. Il voulait lui donner un second coup, mais Abderrahim s’est enfui et s’est réfugié à la mosquée. Khaled a pris ensuite la poudre d’escampette par la porte arrière du cimetière. Evacué vers les urgences de l’hôpital Ibn Tofaïl, Abderrahim a rendu l’âme.

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