Migrants environnementaux : L’heure n’est plus à l’exclusion

Migrants environnementaux : L’heure n’est plus à l’exclusion

Ils seront 200 millions à l’horizon 2050

Le phénomène migratoire n’est pas seulement dû à la pauvreté, la répression et les guerres, il est également dû aux changements climatiques. C’est dans ce contexte que s’est déroulé le quatrième Forum thématique sur la migration, dont les travaux ont pris fin, dimanche 18 décembre, à Tanger. Cette manifestation de trois jours qui a été marquée, selon les organisateurs, par la présence de près de 350 participants, issus du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Mauritanie, de Palestine, d’Espagne, d’Italie, de Belgique, de France, des Pays-Bas, ainsi que quelques pays du sud de l’Afrique, a fait la part belle, à l’instar des trois précédentes éditions organisées respectivement à Bruxelles (Belgique), Oujda (Maroc) et Hammamet (Tunisie), aux sujets d’actualité liés à la migration. «Ce forum est axé cette année sur les effets des changements environnementaux et climatiques sur les migrations et les mouvements de populations ainsi que la situation actuelle des réfugiés», a affirmé Kamal Lahbib, membre du comité du suivi du Forum social maghrébin.

En se basant sur les données émises par le Groupe d’experts intergouvernementaux sur les évolutions du climat (GIES), l’organisation mondiale estime que les mouvements migratoires dus aux effets des changements climatiques seront à l’origine de 200 millions de nouveaux migrants à l’horizon 2050. De par sa spécificité comme région d’immigration, d’émigration et de transit, le Maghreb sera, à l’instar du reste de l’Afrique et de l’Asie, très touché par les changements climatiques. «La désertification, la dégradation du sol, la montée des eaux de mer… font fuir les gens vers d’autres parties du monde, non affectées par ces phénomènes dus aux changements climatiques», a souligné M. Lahbib.

A l’instar des trois précédents forums, dont la seconde édition organisée en octobre 2012 à Oujda et où l’on avait réclamé l’ouverture des frontières algéro-marocaines, cette manifestation a constitué l’occasion idoine pour défendre les droits des migrants et des réfugiés dans leurs pays d’accueil. Les participants ont dénoncé le manquement de la plupart des pays du Nord à leurs engagements envers des migrants et des réfugiés. «Au lieu de proposer et de mettre en application des politiques et des solutions et d’accueillir dignement les personnes déplacées, ils se renferment dans des politiques purement sécuritaires, de stigmatisation et d’exclusion», ont convenu les participants.

Ils ont de même appelé les Etats du Maghreb, particulièrement l’Algérie et le Maroc, à assumer pleinement leur responsabilité envers les migrants et les réfugiés ayant choisi leurs pays respectifs pour s’installer définitivement ou pour transiter vers l’Europe, tout en mettant en avant les opérations de régularisation menées par le Royaume au profit des immigrés clandestins. Et pour contrecarrer ce phénomène de migration, qui continue de prendre de l’ampleur en raison des effets des changements climatiques, «les Etats-Unis et les pays membres doivent opter pour une approche globale afin de faire face à la montée du racisme et de l’injustice dont sont victimes généralement les migrants et les demandeurs d’asile», a dit Abdou Menebhi, président du Centre euro-méditerranéen de migration et développement aux Pays-Bas.

Ce dernier a tenu à préciser que les pays du Nord devaient intégrer ceux du Sud comme partenaires à part entière pour faire face à la recrudescence de ce phénomène. Et non pas «d’en faire de simples gendarmes aux frontières», a dit M. Menebhi.

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