Migrants marocains : 1.200 retours assistés en 2016

Migrants marocains : 1.200 retours assistés en 2016

Rapport de l’Organisation internationale des migrants (OIM)

L’Organisation internationale des migrants (OIM) s’est intéressée de près à la question de la migration de retour au Maroc en publiant un rapport. L’année 2016 a été marquée par un nombre record de migrants marocains de retour. Au total, 1.200 retours assistés en provenance de la Grèce ont été notifiés dont 490 ont bénéficié d’une assistance à la réintégration délivrée par l’OIM. Le volume d’assistance délivré a augmenté de 40% entre 2007 et 2016. Ce phénomène «invisible et pourtant réel» s’explique par deux raisons. Tout d’abord, la crise financière qui a ébranlé la zone euro provoquant ainsi d’importantes pertes d’emploi chez la communauté migrante marocaine en Europe et par extension la perte de leur statut légal dans le pays d’accueil. Il faut ensuite relever la crise des réfugiés syriens en 2015 qui a poussé des milliers de Marocains à se fondre dans le flux de ces réfugiés pour atteindre l’Europe. Quant au parcours de ces migrants, la majorité d’entre eux emprunte l’itinéraire : Maroc-Turquie-Grèce. «Le passage vers la Turquie reste une tâche aisée vu que les Marocains ne sont pas tenus de disposer d’un visa pour s’y rendre. Dès leur arrivée à l’aéroport, les Marocains sont alpagués par des passeurs qui proposent leurs services pour se rendre en Grèce», indique l’OIM. Dans son rapport, l’OIM fait remarquer que la réintégration des migrants marocains de retour demeure un processus épineux. Se posent alors plusieurs problèmes, à savoir la perception dans les sociétés d’accueil, le logement, l’accès à la santé, la réintégration socio-éducative des enfants et l’emploi. L’OIM et ses partenaires œuvrent à la formalisation d’un réseau d’appui pour les Marocains de retour.

Selon un recensement effectué par l’OIM en Grèce, en Ex-République Yougoslave de Macédoine et en Croatie, 5.513 Marocains ont été identifiés entre le 8 octobre 2015 et le 29 janvier 2016, précise le rapport. En outre, 67% des migrants sont d’origine marocaine, tandis que le Maroc est le premier pays africain d’origine.

Aide au retour volontaire

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de migrants tentent de rejoindre l ‘Espagne depuis le Maroc. «Ils entrent au Maroc par la région de l’Oriental située à l’Est du pays en provenance de l’Algérie après avoir traversé le Sahara par voie terrestre en ayant transité au préalable par Agadez, véritable carrefour migratoire au Niger», précise le rapport. Au Maroc, l’OIM en collaboration avec le ministère de l’intérieur, les donateurs viennent en aide aux plus démunis en assurant leur retour dans leurs pays. Parallèlement, l’Organisation assure une assistance à la réintégration pour que le migrant ait les ressources suffisantes pour lancer un micro-projet et contribuer au développement local dans son pays d’origine. Ainsi, 1.500 migrants ont bénéficié en 2016 de l’AVRR (aide au retour volontaire et assistance à la réintégration). Ces derniers sont originaires du Sénégal, Cameroun, Côte d’Ivoire et de Guinée. Notons que l’AVRR comprend l’assistance avant le départ, la préparation du voyage, l’assistance en transit ainsi que le soutien après le retour dans le cadre d’une réinstallation socio-économique et la réintégration des migrants dans leur pays d’origine.

Accès des migrants aux services de santé

Le ministère de la santé, en plus de favoriser depuis plusieurs années la gratuité de l’accès aux soins de santé primaire (vaccination, consultation ambulatoire, santé mère–enfant,…) et l’accès aux programmes nationaux (tuberculose, paludisme, VIH/Sida…), s’est engagé dans un processus d’élaboration d’un Plan stratégique national santé et immigration (PSNSI) avec l’appui de l’OIM et du ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration.

Le PNSI 2017-2021 a pour objectif précis d’améliorer l’accès des immigrés en situation de vulnérabilité aux services de prévention et promotion de la santé, et ce dans le respect des droits humains.

Ce plan s’articule autour de cinq grands axes d’intervention : veille et sécurité sanitaire, promotion de la santé et prévention et prise en charge appropriée, promotion de la santé et prévention, renforcement des capacités du système de soins.

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