Mobilisation anti-terrroriste

Les Attentats du 16 mai dernier ont constitué sans nul doute un véritable séisme au Maroc. Un séisme dans la mesure où ils ont secoué des mentalités habituées à un certain laxisme et à la paresse dans le confort intellectuel et politique de l’autosatisfaction. Ils ont eu pour effet, aussi, d’attirer violemment l’attention des pouvoirs publics et de l’élite politique et intellectuelle sur le danger que représente l’extrémisme et qui guette l’expérience démocratique du pays. Cette expérience, qui demeure en dépit des grandes avancées réalisées, est fragile. Néanmoins, il y a lieu de signaler que durant plusieurs années, des groupuscules que l’on considérait marginaux et minoritaires, agissaient dans l’underground de la société. Ils s’entraînaient, jour et nuit et investissaient de proche en proche, l’ensemble des espaces de jeunesse. Nonobstant, ni les mosquées, ni les universités, ni les salles de gymnastique, ni même les centres d’estivages, les plages ou les montagnes.
Tout en condamnant la société d’athéisme et de lieux de pratiques antéislamiques, les « Khaouarij », procédaient au recrutement de leurs membres parmi les couches juvéniles les plus pauvres et les plus déshéritées. Mais, jusqu’à une date récente, rares sont ceux qui se sont demandés pourquoi ils s’entraînaient et pour quels buts ils se mobilisaient.
Il a fallu, donc, les voir passer à l’action directe et spectaculaire pour se rendre compte à quel point la tolérance et la bonne foi peuvent faire le lit de la complicité.
Le 16 mai, il y a quarante jours déjà, le fascisme a frappé haut et fort le poumon économique et social du royaume, laissant entendre que le profil sociologique des exécutants, la pauvreté et l’habitat insalubre seraient les seuls alibis théoriques et explicatifs du terrorisme et de l’extrémisme. Un  trompe-l’œil qui ne saurait masquer le long travail idéologique et politique se faisant au sein des masses. L’évidence est qu’en fait la démocratie et la modernité furent les premières cibles de la barbarie sectaire. D’ailleurs, c’est au sein de cette démocratie et grâce à elle qu’ils se sont développés.
La réplique du peuple marocain, de son roi et de l’Etat du Maroc n’a  pas tardé à se manifester.
Le 25 mai, Casablanca connaît la plus imposante manifestation du monde arabe à laquelle ont participé l’ensemble des forces vives de la Nation.  Quatre jours, plus tard, SM le roi Mohammed VI réitère dans un discours à la Nation l’attachement du Maroc à ses engagements en faveur de la démocratie et de la modernité. « L’heure de vérité a sonné, annonçant la fin de l’ère du laxisme face à ceux qui exploitent la démocratie pour porter atteinte à l’autorité de l’Etat», dit-Il avant de conclure que le terrorisme ne passera pas et que «le Maroc restera fidèle à ses engagements internationaux et poursuivra (…) avec conviction, assurance et ténacité, la marche engagée pour concrétiser notre projet sociétal démocratique et moderniste».   Message on ne peut plus clair qui a été saisi par la classe politique et l’ensemble du peuple marocain. Aujourd’hui, la date des attentats terroristes est proclamée par le Comité d’organisation de la marche nationale contre le terrorisme en tant que journée nationale de lutte contre la violence et le terrorisme sous toutes ses formes et quels qu’en soient les origines et les mobiles. Dans un communiqué publié à l’occasion du quarantième jour de la disparition des victimes des attentats perpétrés le 16 mai à Casablanca, le Comité a lancé un appel pour commémorer cet anniversaire, à Casablanca et dans toutes les provinces du royaume, dans un même élan de mobilisation et de dénonciation de tout ce qui est de nature à attenter à sa stabilité et à sa sécurité. Une tâche toujours à l’ordre du jour.

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