Mohamed Benajiba: «Le pourcentage des donneurs réguliers au Maroc est très bas»

Mohamed Benajiba: «Le pourcentage des donneurs réguliers au Maroc est très bas»

Questions à Mohamed Benajiba, directeur du Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie

ALM : Selon vous, le don de sang connaît une nette progression. En quoi consiste exactement cette progression?

Mohamed Benajiba : Elle s’explique par la campagne nationale qu’on a démarrée en 2013 et à laquelle a participé S.M. Mohammed VI. Durant cette campagne, le Maroc a réalisé des chiffres record avec 70.565 dons collectés en 17 jours  seulement. Ce fut le grand pas vers la généralisation de la culture de don de sang. Actuellement la population sensibilisée a augmenté. On aspire à augmenter le nombre de donneurs et pour cela, j’appelle tous les Marocains à participer massivement au don de sang au moins 2 à 3 fois par an afin d’alimenter les stocks et sauver des vies.

Les chiffres sont rassurants, mais quand on lit les témoignages on remarque qu’il y a une pénurie dans les centres de transfusion, comment expliquez-vous cela ?

En termes de chiffres, on a enregistré 313.000 donneurs en 2016. Environ 250.000 malades ont bénéficié de don uniquement.  22 000 donneurs sont des parents de malades. Ces derniers sont  sollicités en cas de pénurie de sang. Cette pénurie a lieu essentiellement dans la période estivale et au cours des périodes de vacances. Actuellement, je suis en train de suivre un certain nombre d’appels sur les réseaux sociaux. Chaque fois que j’interviens je trouve qu’il s’agit soit d’une maladie très particulière qui nécessite un sang particulier, soit d’un nombre important de poches de sang ou de plaquettes. On ne peut pas satisfaire tout le besoin. Il y a aussi des groupes rares, il y a vraiment des groupes pour lesquels on peut tester 500 poches pour ne trouver qu’une seule, voire rien.  Je tiens aussi à préciser que nous avons un problème de communication,  entre d’abord le malade hospitalisé et son médecin traitant et également les parents de malades et le centre de transfusion. Il faut donner le temps à ces parents et leur expliquer la particularité et les impliquer dans le processus. Je vous donne un exemple : dernièrement, on m’a sollicité pour un patient atteint d’une maladie très grave de plaquettes et lorsqu’il veut faire une extraction de dent il doit être transfusé préalablement pour prévenir le saignement. Mais au moment où le malade allait le faire, l’organisation dans le centre de transfusion était catastrophique. Donc si le médecin traitant nous informe du rendez-vous de l’extraction, on peut solliciter le donneur et ainsi on prépare les plaquettes avant le rendez-vous du patient. C’est juste une question d’organisation et de communication

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux donneurs ?

Le pourcentage des donneurs réguliers au Maroc n’est que de 22%, il est très bas.

Pour notre stratégie 2017-2021 nous avons choisi un seul message, la fidélisation des donneurs. Si un donneur donne au moins deux fois on va passer facilement à 600.000 donneurs. Aujourd’hui, nous avons remarqué que le donneur ne revient pas. Nous avons une partie de responsabilité dans tout ça. Nous devons organiser un climat et un contexte favorables pour le don de sang pour les encourager.

Propos recueillis par

Khaoula Benhaddou

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