Mohamed El Ouazzani, l’autre baron de Tétouan

Après l’arrestation de Mounir Errammach, plusieurs grosses têtes dépendant du ministère de l’Intérieur et de la Justice qui lui servaient de couverture ont été arrêtés et écroués pour corruption. Mais Mounir avait cité dans ses déclarations d’autres noms de barons du trafic international de drogue qui ont été appréhendés à leur tour. Parmi ses eux Mohamed El Ouazzani, âgé de 27 ans, marié et père d’une petite fille âgée à peine de quatre ans. Il est né à Sebta et de ce fait, il bénéficie de la nationalité espagnole. El Ouazzani est propriétaire d’une société de vente de voitures et d’une autre société de vente de téléphone. Il possède plusieurs voitures, une grosse moto et des zodiaques qu’il utilisait pour le transport de la contrebande et de la drogue. Son casier judiciaire contient trois condamnations. Il avait été arrêté en 1992 pour trafic de drogue. Présenté devant le tribunal de première instance de Tanger il a été acquitté. La même année, il a été déféré devant le même tribunal pour le même motif et condamné à six mois de prison ferme. En 1999, il est arrêté par la police espagnole pour coups et blessures sur la personne d’un agent de sûreté et condamné à 30 mois de prison. Avant la fin de sa peine, il a réussi à s’évader de la prison de Madrid où il purgeait sa condamnation. Mohamed El Ouazzani n’était pas seulement recherché pour évasion par les autorités espagnoles, il est présumé auteur d’un meurtre commis à l’aide d’une arme à feu. Et il était recherché en même temps par la police marocaine dans deux affaires de trafic de drogue. Une fois Mohamed El Ouazzani a été arrêté, il a dénoncé le chef de sûreté de la ville de Tétouan, le président de la Chambre criminelle prés la Cour d’appel et quatre autres magistrats. Quelle est donc la relation qui liait El Ouazzani à tous ces fonctionnaires d’état ? Selon ses déclarations, le chef de sûreté devait l’aider à être acquitté dans toutes les affaires dont il fait l’objet de mandat d’arrêt. Pour régler ses plaintes, il a payé une somme d’argent évaluée à 100 millions de centimes au chef de sûreté. L’argent lui a été remis dans sa maison située dans un quartier chic à Kénitra. Cette opération de corruption a été accomplie par un certain L’kharraz, un autre baron de la drogue ayant de grandes relations avec les responsables de la sécurité publique à Tétouan. C’est lui qui avait présenté les deux hommes à se connaître. Pour assurer l’acquittement de El Ouazzani, L’kharraz lui suggère de contacter Zahouani Abdelkarim qui n’est autre que le président de la Chambre criminelle prés la Cour d’appel de Tétouan. Les deux hommes ont été reçus à la maison du magistrat sise Bd 2 Mars à Casablanca. Le président accepte le marché à une seule condition : El Ouazzani doit corrompre quatre autres magistrats de la même cour . Le montant a été fixé à 20 millions de centimes chacun. C’est le frère de Mohamed El Ouazzani qui va se charger de remettre le magot aux magistrats. Bref, les magistrats et le chef de sûreté ont été arrêtés et incarcérés en attendant la fin de l’instruction judiciaire. Quant à l’affaire de meurtre que Louzani avait commis en Espagne, la soeur de la victime s’était présentée devant la justice marocaine et avait plaidé en faveur de l’accusé. Après délibération, Mohamed El Ouazzani a été innocenté pour l’homicide. Pour ce qui est de sa relation avec Mounir Errammach, ce dernier avait déclaré au cours de son interrogatoire avoir déjà conclu une affaire de 1200 kilogrammes de haschich avec Mohamed El Ouazzani qui de son côté nie catégoriquement l’accusation. Il a, bien entendu avoué sa culpabilité de grand trafiquant de drogue avec la complicité de Mohamed Lkharraz, Abdelaziz Rekkani et son frère Mohamed Lâarbi Rekkani, Lemfadel Triha, Mohamed Rhoni, Nourddine Ben Azouz, Mohamed Lhaddad et Mohamed Chaîri. Tous les membres de ce groupe transportaient la drogue de Ksar Sghir à destination de Gibraltar en Espagne et apparemment, ils ont tous été arrêtés et traduits devant la Cour spéciale de Rabat. Il a aussi reconnu sa relation amicale avec Mounir Errammach sans pour autant être son complice dans le trafic de stupéfiant. En attendant la confrontation entre les deux hommes, l’affaire Mounir Rammach risque de devenir celle de Mohamed El Ouazzani.

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