Mohamed Maidine : «La majorité des Marocains optent pour le missionnaire»

Mohamed Maidine : «La majorité des Marocains optent pour le missionnaire»

ALM : Comment évaluez-vous le comportement sexuel des Marocains ?
Mohamed Maidine : La sexualité est le pivot de la relation conjugale. Selon une enquête concernant la fréquence sexuelle des Marocains, les résultats dévoilent que les couples pratiquent le rapport deux à trois fois par semaine. Concernant les habitudes, chaque couple se comporte différemment. Certains couples personnalisent leurs jeux érotiques. D’autres exploitent de nouvelles techniques, voire inventent leur  propre Kamasutra.

Les Marocains ont-ils cette culture du Kamasutra ?
Plus au moins ! Ce sont les jeunes couples qui varient leurs positions sexuelles. Toutefois, on rencontre certains partenaires, notamment les hommes, qui refusent de se livrer aux fantaisies amoureuses. A titre d’exemple, un homme a demandé le divorce à sa femme  car on a conseillé à cette dernière d’être au-dessus de lui durant l’acte. Il n’a pas accepté cette position et a considéré cela comme un viol. 

Quelles sont les positions amoureuses privilégiées par les Marocains ?
La position la plus pratiquée est celle du missionnaire, où la femme est couchée sur le dos, cuisses écartées, tandis que l’homme s’allonge sur elle. Je peux avancer que 90% des Marocains optent pour  cette position.   Ensuite vient la position de la cuillère où les deux partenaires sont allongés sur le côté. Cette position favorise les pénétrations peu profondes et les caresses. La position Andromaque est parfois demandée par les femmes. Cependant, l’Andromaque est rejetée par certains hommes. Ils pensent qu’elle est nocive pour leur santé . Cette idée est fortement ancrée dans notre culture, car contrairement à la position du missionnaire, la femme est en position dominante.

Comment les Marocains (es) peuvent-ils vivre une sexualité épanouie?
La femme n’est toujours pas disponible pour passer à l’acte, et ce à cause de sa triple tâche: travail, enfants,ménage. Pour vivre une sexualité épanouie, il faut être préparé physiquement et psychiquement.  De même, il faut être en harmonie avec son partenaire. Par ailleurs, il faut qu’il ait une vraie relation amoureuse et une entente mutuelle pour pouvoir jouir. Le rapport sexuel est une véritable célébration de l’amour et non un devoir. Ainsi, il faut prendre le temps nécessaire pour satisfaire ses fantasmes et ceux de son compagnon. De même, il ne faut pas négliger le postlude. Ce moment d’apaisement doit être alimenté par des baisers et mots tendres plus que les préliminaires.

Les jeux de l’amour sont-ils permis dans notre culture ? La Marocaine se permet-elle de mener le jeu érotique ?
Effectivement, beaucoup de hadiths traduisent cela. Il existe même une littérature riche comme «Arraoude el Ateere» et «Touhfat Al Arouss». Ces ouvrages sont des guides de sexologie et de bonne pratique. Concernant les femmes, elles ne parlent que de ce sujet entre elles. Elles sont plutôt ouvertes par rapport à cela. Par contre, les hommes considèrent, encore, la sexualité comme taboue.
En consultation de sexologie, c’est la femme qui emmène son mari chez le médecin parfois pour connaître les causes de sa baisse d’appétit sexuel (la trompe t-il?). Le médecin sexologue est le dernier espoir aprés avoir vu le «fkih», l’herboriste et «l’Aattar», «Sadatte» et Bouya Omar . En sommes, la maturité sexuelle des partenaires leur permet de vivre pleinement leur moment d’intimité et de se livrer aux jeux érotiques, que cela soit mené par l’homme ou bien par la femme. Par ailleurs, il faut faire attention à la sexualité sur Internet. Elle n’est pas conforme aux lois physiologiques, elle est déroutante et parfois cause des drames dans notre société.

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