Mohamed M’Jid : «Cette grève ternit l’image du noble syndicalisme»

Mohamed M’Jid : «Cette grève ternit l’image du noble
syndicalisme»


ALM : Que pensez-vous du mouvement de grève des professionnels du secteur du transport ?
Mohamed M’Jid : C’est inadmissible, impardonnable et irresponsable. Non seulement, on assassine la démocratie, mais, cette grève ternit l’image du noble syndicalisme qui doit défendre l’intérêt de la classe ouvrière,  élément incontournable du développement du pays. Ce qui se passe lors des ignobles calculs électoralistes relève de la trahison car les parties qui instrumentalisent le simple ouvrier n’ont pas le droit de parler au nom du peuple. Ils le trahissent. Leur  présence dans le paysage politique est une insulte à la nation.
Cette action est aussi un sabotage de l’économie nationale que le peuple marocain condamne. Aujourd’hui, il incombe au Parquet de faire son travail. Où sont ces parlementaires qui s’excitent quand l’équipe nationale de football perd un match en convoquant la ministre de la Jeunesse et des Sports, ainsi que son staff pendant toute une journée au Parlement ?!
Ils se drapent aujourd’hui d’un silence coupable au lieu d’inviter au Parlement les coupables de cette trahison. Ce ne sont plus des parlementaires, ce sont des complices.

Quel est le rôle que la société civile est appelée à jouer dans ce cadre ?
Il importe de dire que la société civile est elle-même victime. Ces syndicats privent les utilisateurs du transport public, écoliers, travailleurs, patients, employés et pères de famille de remplir leurs obligations quotidiennes.
Ils se retrouvent incapables de mener régulièrement leur vie normale puisqu’ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires. Certes, la grève est un droit constitutionnel, mais empêcher les gens de travailler et se livrer à des agissements anti-civiques, comme la casse, est un délit. Il importe donc aux services responsables de mettre une fin à ce malheur.
 
Quelles sont à votre avis les solutions pour mettre fin à ce débrayage ?
Il y a d’abord le dialogue qui constitue un outil indispensable pour sortir de la crise. Mais avant, il faut mettre un terme aux interventions et aux agissements coupables et néfastes que les routes nationales connaissent. Les lobbies qui refusent d’obéir à la loi et au Code de la route veulent simplement tuer et handicaper la bonne marche des textes de loi. Leur objectif est de faire perdre aux contribuables des sommes énormes. S’ils veulent éviter les sanctions, pénales et fiscales, ils n’ont qu’à respecter le code de la route.

Que pensez-vous de la décision du gouvernement du report de l’examen du Code de la route à la Chambre des conseillers ?
Samedi dernier, la Chambre des conseillers et le ministère de l’Equipement et du Transport ont décidé de reporter à une date ultérieure l’examen du projet du Code de la route suite à cette grève qui paralyse le pays. Cette décision frileuse est digne des marionnettes.        
          

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