Mohamed Yatim : «Nous sommes conscients des effets négatifs des grèves»



ALM : Les grèves observées durant le premier trimestre 2011 ont atteint un taux de 77,78%. Quelle lecture faites-vous de ce fait ?
Mohamed Yatim: C’est une conséquence naturelle du fait que le dialogue social (2009-2010) n’a pas été fructueux. Il faut dire que le gouvernement n’a pas adopté une méthodologie ficelée pour la réussite de ce processus social. Par conséquent, les négociations ont trébuché à plusieurs reprises et les requêtes de la masse salariale ont été négligées. Tous ces facteurs ont alimenté la tension sociale actuelle. Après la suspension des rounds du dialogue social, les gens n’ont que la rue pour scander leurs revendications. En plus, c’est un droit légitime. D’autant plus que le projet de la nouvelle Constitution a mis le point sur le rôle que joue les syndicats dans la promotion de la participation des citoyens à la vie nationale. Les 77,78% recensés sont une réaction évidente exprimant la présence d’une dynamique sociale et syndicale «positive» dans un Maroc démocratique et social.

Etes-vous responsables des répercussions négatives des grèves?
Nous sommes conscients des effets négatifs des grèves. Certes, les grèves continues ont paralysé l’activité dans l’administration publique, mais elle reste un droit légitime. C’est un moyen d’expression qui ne peut être que bénéfique. Après tout, nous protestons «pacifiquement» pour le bien de notre pays ainsi que l’amélioration de la qualité de la vie des Marocains. Si nous devons culpabiliser une partie, le gouvernement a une grande part de responsabilité. Les acteurs gouvernementaux se sont montrés passifs quant à l’initiative du dialogue social. Ils avaient pour obligation de mettre en œuvre la loi organique visant à régir le dialogue social. Si le gouvernement se soucie tellement des intérêts des citoyens, qu’il revienne à la table du dialogue.

Que revendiquez-vous aujourd’hui?
Pour la caricature, le gouvernement et le patronat sont deux maladies à combattre. Les médecins, enseignants et autres fonctionnaires de l’Etat ont marre de subir ce mal au quotidien. Donc au lieu d’empiéter sur les droits socio-économiques des citoyens, nous les appelons à institutionnaliser le dialogue social, et à adopter une visibilité pour répondre aux revendications des Marocains.

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