Mohand Laenser : «Réorienter l’action gouvernementale vers des priorités»

Mohand Laenser : «Réorienter l’action gouvernementale vers des priorités»

ALM : Les déclarations de certains membres de votre parti, notamment Saïd Ameskane, Abdelouahed Darwich et Omar Sentissi, ont suscité la polémique au MP. Que se passe-t-il?
Mohand Laenser : Vous savez que toute décision est critiquable. Les seules critiques recevables sont celles émanant des membres des organes habilités du parti. Comme dans beaucoup de partis, nos élus ont une place prépondérante dans le parti, car ce sont eux qui appliquent les décisions du MP. C’est pour cela que les parlementaires sont membres es-qualité du Comité central et qu’ils sont largement représentés au Bureau politique. Mais le MP est aussi un parti avec des statuts et une organisation qui reconnaissent à chaque organe des compétences propres et c’est dans le cadre de ces compétences que sont prises les décisions. Ceci étant, à ma connaissance, M. Ameskane a soutenu la décision de participation au gouvernement, Omar Sentissi ne l’a pas rejetée non plus mais aurait souhaité un plus large débat. Quant à M. Darwich, j’ai expliqué qu’il n’est pas membre du MP.

Certains de vos opposants prétendent que la majorité des militants Harakis ne sont plus satisfaits de votre gestion du parti. Qu’en pensez-vous?
Je ne prétends pas que ma gestion et ma façon de voir sont idéales. J’agis selon ce que je considère être le mieux pour le MP et dans le cadre du respect de nos règles de conduite. Maintenant, comme tout responsable, je soumettrai le bilan de mon action au prochain congrès qui a pleine latitude pour l’approuver ou le rejeter.

Certains observateurs ont critiqué le timing de la décision du MP de changer de camp, en avançant le fait qu’il devrait attendre la rentrée parlementaire, par exemple, pour négocier une meilleure offre. Que répondez-vous à cela?
Il faut séparer la décision de rejoindre ou non la coalition qui est un acte volontaire du Mouvement populaire et le timing de la rentrée qui obéit à des contraintes qui ne sont pas entièrement sous la maîtrise du MP. Ceci étant, je ne pense pas que la rentrée en août ou en octobre puisse influer sur le cours des choses.

Certains diraient que cette décision n’est pas digne du MP à partir du moment qu’au lendemain des élections législatives on avait proposé au MP cinq postes au gouvernement et il a refusé et qu’aujourd’hui il accepte deux postes. Qu’en dites-vous?
Vous savez bien qu’en politique, l’évolution est très rapide et que les conditions d’hier ne sont pas forcément celles d’aujourd’hui. En 2007, nous négocions la constitution d’un gouvernement. Tout était à bâtir et tous les partenaires étaient au point de départ. En 2009, un gouvernement est en place et des partis y sont représentés. En outre, le contexte politique et économique n’est plus le même. Donc, pour nous, au Mouvement populaire, en 2009, il ne s’agit pas de savoir si notre représentation par rapport à l’offre de 2007 était meilleure ou pas.
Les questions que nous avons posées aux instances dirigeantes étaient les suivantes : Avons-nous intérêt à changer de coalition et si oui, avec quels nouveaux partenaires? Les affaires du pays peuvent-elles continuer à être gérées avec un gouvernement minoritaire en ces temps de crise? Enfin, à mi-législature, notre positionnement dans l’opposition est-il profitable ou non au MP ? La réponse apportée à ces questions a déterminé notre choix de soutien au gouvernement. S’est ensuite posée la question de la forme de ce soutien qui pouvait aller de la non-participation au gouvernement à une participation minoritaire, dans un premier stade, en attendant que soient levées certaines réserves que nous avions émises sur certains aspects du programme gouvernemental.

Quel pourrait être l’apport de votre parti au gouvernement?
Le MP a déjà travaillé, pendant 5 ans, avec l’actuelle coalition gouvernementale et aussi avec la grande majorité des ministres actuels. Je pense que les uns et les autres ont mesuré le degré de sincérité, de détermination et d’engagement du Mouvement populaire et de ses cadres. Lorsque nous avions choisi l’opposition, nous nous y sommes engagés pleinement avec, toutefois, le respect et le soutien des mesures que nous avions partagés lorsque nous étions au gouvernement. Cet état d’esprit est une constante du Mouvement populaire. En outre, nous apporterons un soutien éclairé à la majorité gouvernementale.

Quelles sont, à votre avis, vos priorités en tant que nouveau ministre d’Etat?
Un ministre d’Etat a des compétences horizontales et est dégagé des contingences de gestion d’un secteur, en particulier, ce qui le met en position d’apporter un regard objectif sur l’ensemble de la politique gouvernementale.
Personnellement, les seuls intérêts «partisans», si j’ose dire, seront de réorienter l’action gouvernementale vers des priorités que nous considérons vitales dans le programme du Mouvement populaire: monde rural, amazighité, précarité, etc.

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