Moment historique pour Douar Skoum

Moment historique pour Douar Skoum

Après la visite royale, hautement symbolique, au douar Skoum, dans la commune rurale Dar Bouazza à Casablanca, un nouvel espoir renaît dans cette région, où la misère sévit depuis des années.
La joie des habitants est indicible. « SM le Roi Mohammed VI nous a honorés par sa visite ce mardi. On n’arrive pas jusqu’à maintenant à réaliser que le Souverain est venu en personne pour s’enquérir de la situation du douar. Aucun homme politique ne l’a fait auparavant. », affirme Aïcha Rafouk, l’une des habitantes du douar, on ne peut plus fière. Mariée et mère de quatre enfants, Aïcha vit au douar depuis des années. « Nous manquons de tout, même des choses les plus essentielles. Nous n’avons ni eau, ni logement décent ni écoles. Ici, les  habitants souffrent également du manque de travail. Nos jeunes chôment. C’est invivable. », s’indigne-t-elle. « Les déchets sont dispersés partout. C’est une véritable décharge publique !
Les odeurs nauséabondes, causées par les déchets, sont insupportables. La situation devient plus dramatique au cours de l’hiver. On ne cessera de rappeler que lors des précipitations  nos maisons se transforment en de véritables marécages.», renchérit Meriem Mekradi, originaire de Had Soualem et qui s’est installée au douar après son mariage il y a de cela plus de dix ans. Situé à proximité du cimetière Rahma, le douar Skoum est effectivement isolé et loin de la vie moderne de la métropole économique. Les infrastructures de base, comme l’alimentation en eau potable, l’électricité et l’assainissement, manquent.
Les logements sont insalubres. La plupart des habitations se composent d’une petite salle, d’une chambre à coucher et d’un endroit aménagé en petite cuisine. Le nombre des membres d’une famille peut parfois dépasser sept personnes. Selon les statistiques 2004, le douar Skoum compte quelque 677 familles. En outre, les besoins les plus élémentaires en matière de santé et d’enseignement font également défaut. « Une seule école publique primaire existe, en l’occurrence l’école Rahma.
Pour y accéder, les enfants doivent parcourir un kilomètre à pied. De même, on recense 900 élèves dans cette école. Chacune des classes accueille 60 élèves.
Les collèges, eux, sont absents de la carte de ce douar. Ainsi, pour poursuivre leurs études, les élèves sont obligés d’aller jusqu’à l’Oulfa ou s’inscrire à l’internat de Moulay Driss», affirme Lahcen El Abbassi, président de l’Association Falah du douar.
Et d’ajouter : « Le nouveau programme dont va bénéficier le douar dans le cadre de l’Initiative nationale du développement humain (INDH) va améliorer les conditions de vie des habitants. Ils pourront, de ce fait, mener une vie décente à l’instar des autres citoyens de Casablanca ».
Le projet ambitieux consiste en la construction d’une ville baptisée “Rahma”. “C’est un nouveau concept de recasement. Il va résorber 13 douars de la commune rurale de Dar Bouazza. La réalisation de ce projet de grande envergure nécessitera 4000 lots de terrain dont 3200 pour le recasement et 800 lots pour les équipements de proximité. Il convient de noter que cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de recasement des douars de la province Nouaceur qui englobe quatre projets dont trois profiteront aux habitants de la commune rurale Dar Bouazza.
Une enveloppe budgétaire de l’ordre de 217 millions de dirhams a été allouée à ce programme”, explique Abdenbi El Hamami, architecte de la commune rurale Dar Bouazza. Après concrétisation de cette initiative, le douar et ses habitants pourront enfin aspirer à un avenir meilleur.

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