Mort à Sebta

Mort à Sebta

La Guardia Civil espagnole, dont l’un des agents a tué vendredi un ressortissant marocain dans le périmètre frontalier de la ville occupée de Sebta a remis le dossier relatif à ce cas au juge d’instruction de garde de Sebta. Des médias espagnols ont rapporté, citant la délégation du gouvernement espagnol à Sebta, que la garde civile a élaboré un rapport interne sur cet incident pour le communiquer au juge de garde. Selon les mêmes sources,le garde civil, dont une «balle était partie fortuitement de son arme tuant sur le coup un porteur marocain de marchandises», devra être interrogé au cours de la journée par le juge d’instruction. La délégation du gouvernement espagnol dans la ville marocaine occupée avait indiqué, vendredi, que la victime (55 ans) avait reçu de « manière fortuite » une balle partie de l’arme d’un agent de la garde civile qui avait perdu l’équilibre lors d’un incident entre ressortissants marocains et fonctionnaires de la garde civile, rappelle-t-on. Cet incident remet sur le tapis la question de la ville occupée. A cet égard, il faut rappeler que le chercheur marocain Hassan Figuigui avait souligné, jeudi à Oujda, que la lutte et la résistance contre l’occupant sont ancrées chez les Marocains et ne datent pas des années 1930, mais au moins de l’occupation de Sebta par les portugais en 1415. Le Dr. Figuigui, qui donnait un cours au siège de la Faculté des lettres et des sciences humaines à l’occasion de l’ouverture de l’année universitaire et du cinquantenaire de la Révolution du Roi et du Peuple, en présence du Wali gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, et d’une pléiade d’intellectuels, professeurs universitaires et étudiants, réfutait ainsi des écrits de certains auteurs étrangers qui prétendaient que le pays était marqué par le +siba+ (insoumission), les alliances tribales (Asabia), allant jusqu’à soutenir que le terme « patrie » ne paraîtra dans le lexique qu’au début du 20-ème siècle.Battant en brèche cette idée, l’orateur souligne que le mot « patrie » était bien d’usage entre 1616 et 1641, comme il est indiqué dans des correspondances d’Al Ayachi, en plus d’appellations similaires, telles « Al Bilad » (le pays) et « Dar El islam ». Il a de même soutenu que la riposte des marocains aux envahisseurs n’était pas motivée par un simple « fanatisme religieux », comme d’aucuns le prétendent, mais bel et bien par l’existence d’une prise de conscience nationale qui s’est traduite, après l’occupation de Sebta, par l’engagement des Marocains pour la défense du territoire et des intérêts nationaux. Il a cité, dans ce même cadre, le patriotisme affiché du temps des Mérinides avec levée de troupes pour la défense du pays. Les Marocains, a expliqué le Dr. Figuigui, opposaient différentes formes de lutte et de résistance. Ils mettaient en place un système de surveillance autour des confins occupés afin d’y contenir l’occupant, comme ce fut le cas autour de Sebta, après son occupation en 1415, et de Melilia après sa colonisation en 1494. L’orateur a également donné l’exemple des batailles de libération engagées par les Mérinides, les Saâdiens et les Alaouites, ou le blocus imposé par Moulay Ismaïl, puis Moulay El Yazid pendant des années à la ville de Sebta occupée, ainsi que la tentative du sultan Mohamed Ben Abdellah de récupérer Melilia après trois mois de blocus avec l’appui de la tribu Kela ya. Il a aussi cité les batailles livrées face à des tentatives d’expansion colonialiste (turques et françaises en Algérie), la bataille de Oued Isly contre les français, celle de Oued El Makhazine contre les portugais et la guerre du Rif, menée par Cherif Mohand Améziane et Abdelkrim Khettabi, ainsi que les batailles de l’Atlas sous la conduite de Moha ou Hammou Zayani et au Sahara, sous la conduite de Ahmed El Hiba Maa El Ainine. Cet élan, a-t-il ajouté, sera poursuivi par le mouvement national, qui a abouti à l’indépendance du Maroc en 1956, sous la conduite de feu SM Mohammed V .

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