Mort pour un verre de trop

La salle n°7 de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca est archicomble. Abdellah, trente-deux ans, célibataire, est assis parmi les accusés. C’est la deuxième fois qu’on le juge. La première remonte à trois ans, quand il a été condamné à un an et demi de prison pour vol qualifié. Et, c’est à la prison qu’il s’est endurci pour devenir un jeune homme difficile à redresser. «Tu es accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner et pour vol qualifié…», lui rappelle le président de la Cour. Abdellah est l’aîné d’une famille indigente demeurant aux carrières Rahma, préfecture de Hay Mohammedi-Aïn Sebaâ, à Casablanca. Il a arrêté ses études à la cinquième année de l’enseignement fondamental. Il était paresseux et très méchant. Il ne cessait de provoquer ses amis de classe et de les maltraiter pour leur voler leurs fournitures scolaires. Il a été chassé à maintes reprises de sa classe par les enseignants pour n’y retourner qu’une fois accompagné d’un parent. Après quoi, il est resté sans rien faire, à passer la majorité de son temps en compagnie d’enfants du quartier. Au fil des jours, il a commencé à apprendre à fumer du haschisch et à consommer des psychotropes. D’un jour à l’autre, il est ainsi devenu accro du haschisch et des psychotropes au point qu’il ne peut plus dormir sans sa dose quotidienne. Pour en avoir, il lui fallait de l’argent qu’il n’avait pas et, par conséquent, Abdellah a choisi le chemin le plus simple et le plus facile pour en avoir : le vol. Les autres délinquants de son quartier ne l’ont pas servi sans contrepartie. Il a commencé à les accompagner pour agresser les riverains notamment les femmes; il arrachait les sacs à main et subtilisait les bijoux précieux et l’argent. Au fil des jours, il a été arrêté et condamné à un an et demi de prison ferme. Là, il a rencontré plusieurs jeunes délinquants. Une fois libéré, il est retourné à la consommation de la drogue et aux rencontres avec les jeunes délinquants qu’il avait croisé en prison. Rachid était l’un d’eux. Ce jeune de vingt-six ans a presque le même parcours que Abdellah. Il n’a pas dépassé la cinquième année d’enseignement fondamental pour se trouver à la rue parmi des délinquants qui l’ont aidé à apprendre à consommer des cigarettes, boire du vin et toutes sortes de drogues. Arrêté, il a été condamné à quatre mois de prison ferme pour vol. Hors de prison, Rachid et Abdellah retournent au monde des agresseurs, des bandes de malfaiteurs. Ils deviennent inséparables . Cependant, leur amitié n’a pas duré très longtemps. Ils s’enivraient tout les deux et conversaient quand Rachid a remarqué que Abdellah a bu un verre de plus que lui. Il le lui a reproché violemment au point que Abdellah s’est mis à l’injurier. Les injures cèdent la place aux mains, puis aux armes blanches. Le couteau d’Abdellah larde mortellement le corps de Rachid. «Je n’avais pas l’intention de le tuer», avoue Abdellah devant la Cour. Son avocat lui a réclamé les circonstances atténuantes. Mais, sa condamnation pour vol qualifié lui a aggravé sa situation et la Cour l’a condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

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