Mort pour une poignée de dirhams

Mort pour une poignée de dirhams

Comme alertée par un sixième sens, elle s’est réveillée en sursaut. Sans raison apparente, elle a ouvert la porte de sa maison pour savoir ce qui se passait dehors. Son coeur battait la chamade. Pourquoi ? Elle n’en savait rien.
Certes, elle avait remarqué une foule de jeunes qui passaient devant elle, pas loin de Souk Chtaïba, au quartier Sidi Othman, à Casablanca. Elle a également vu un jeune homme poursuivant un autre, un couteau à la main. Seulement, elle n’est pas arrivée à distinguer ce dernier. Il pourrait être son fils, dealer de son état, et bagarreur patenté. Elle a tenté à maintes reprises de chasser cette idée de sa tête.
Mais en vain. Tout à coup, elle a entendu des coups à la porte. Qui est ce ?, a-t-elle demandé. Personne ne lui répondu. En ouvrant, elle est restée bouche-bée devant son fils, Bouchaïb. Il est porté par des voisins, alors qu’il est blessé au niveau des côtes gauches. Qui l’a poignardé? “M’barek“, lui a répondu l’un des jeunes qui le conduisaient vers la chambre. La mère a fondu en larmes, elle ne savait quoi faire. L’un des voisins s’est dépêché vers le publiphone pour appeler la protection civile. Un quart d’heure plus tard, il a été transporté vers les urgences de l’hôpital de Sidi Othman. Seulement, cinq minutes à peine après son admission à l’hôpital, Bouchaïb a rendu l’âme. Alertés, les éléments de la police judiciaire se sont rendus aussitôt aux urgences pour effectuer le constat d’usage et entamer une enquête minutieuse leur permettant de mettre la main sur l’auteur du crime.
Après avoir examiné le corps de Bouchaïb qui portait une blessure au niveau des côtes gauches et des égratignures au niveau de l’épaule droite et du nez, ils se sont dirigés sur le lieu de la bagarre. Avec qui s’était-il disputé ? Un soudeur, dont le local est attenant à la scène du crime a attesté avoir remarqué un jeune homme surnommé «Papillon», poursuivi par un autre jeune, armé d’un couteau et les deux étaient suivis par un troisième, portant également un couteau. Qui a tué Bouchaïb ? Le soudeur a dit aux enquêteurs qu’il ne savait pas s’il s’agissait de Bouchaïb qui courait devant les deux jeunes armés de couteaux et il a révélé qu’il connaissait l’un d’eux, à savoir Mohamed. Arrêté, ce dernier a expliqué avoir été en compagnie de son ami Fouad, quand M’barek les a agressés. Il était sous l’effet de la drogue et armé d’un couteau.
Pour se défendre, son ami Fouad a brandi lui aussi un couteau avant de prendre la fuite. Arrêté, Fouad a raconté la même histoire. Les enquêteurs se sont adressés par la suite à la mère de Bouchaïb. Elle leur a révélé qu’un voisin lui avait affirmé que son fils a été poignardé par M’barek. Arrêté, ce dernier a avoué avoir poignardé Bouchaïb, parce que celui-ci voulait le liquider. Il a précisé aux enquêteurs qu’il avait acheté 20 comprimés psychotropes chez Bouchaïb pour la somme de 120 dirhams. Il ne lui a versé que 100 dirhams lui promettant de lui donner le lendemain le reste de la somme. Toutefois, le jour J, Bouchaïb a rejoint M’barek et lui a demandé ses 20 dirhams.
Refusant de les lui verser, Bouchaïb a brandi un couteau et a commencé à menacer M’barek qui était sous l’effet de la drogue. M’barek qui a reculé de quelques mètres a sorti lui aussi un couteau avant d’avancer vers lui. Enragé, il lui a asséné un coup violent au niveau des côtes gauches et s’est enfui avant d’être arrêté.
Après son interrogatoire, M’barek a été traduit devant la Cour d’appel de Casablanca poursuivi pour coups et blessures ayant entraîns la mort sans l’intention de la donner et consommation de drogue.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *