Moto et transport clandestin

Dans certains quartiers populaires de la capitale économique, notamment à Hay Mohammadi, près du 43 ème arrondissement, et dans les parages des anciens abattoirs, des motos sont alignées l’une derrière l’autre. Le matin, comme l’après midi, elles sont là. Et à quelques mètres de la « station », leurs propriétaires forment un groupe et discutent entre eux. Que font-ils ici et qu’attendent-ils ? Ces motos sont utilisées pour le transport clandestin de personnes.
Cette vieille pratique a fait son apparition à Casablanca à un moment où le parc automobile était très réduit.
Aujourd’hui, plus de 520.000 engins sillonnent les boulevards et les rues de la métropole, soit 36 % de l’ensemble du parc national, à raison de 150 voitures pour toutes les 1000 personnes, et cette pratique persiste encore. La pratique consiste à transporter une seule personne en contrepartie d’une somme d’argent ne dépassant guère dix dirhams.
Un trajet coûtant trente dirhams, par exemple, ne coûte que dix dirhams sur la moto.
Ce vieux moyen de transport a également ses propres clients. Lahcen, 46 ans, responsable d’une famille composée de six personnes à Hay Mohammadi, souligne que « nous travaillons uniquement avec nos clients. Ils nous connaissent très bien et savent les prix pratiqués pour chaque trajet.
Pour prendre un taxi d’ici à El Walfa, par exemple, le prix dépasse trente dirhams, alors que chez nous, il est de la moitié. En plus, le client est transporté jusqu’à la porte de son habitation. Les travaillants aux abattoirs constituent la majorité de notre clientèle.
Ils sortent avec des habits complètement maculés, aucun taxi, petit ou grand, n’accepte de les transporter. Alors, ils préfèrent rentrer chez eux en empruntant la moto et parfois, ils payent plus de leur propre gré ». Plus de 590 ouvriers travaillent aux anciens abattoirs de Casablanca. Cela revient à dire que pendant les jours de l’abatage, l’activité des transporteurs par moto bat son plein.
Avec deux casques, l’un pour le conducteur et l’autre pour le client, ils ne sont pas interpellés par la police. Il faut dire que le chômage accru, la pauvreté et surtout l’analphabétisme poussent généralement certaines personnes à pratiquer des activités clandestines pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.
Dans ce cadre, le transport à motos constitue une activité qui s’exerce clandestinement dans les grandes villes comme les petits villages. A Casablanca, vu le nombre de ses habitants mais aussi de ses visiteurs, cette activité bat son plein, pendant les quatre saisons. Si l’emploi de la moto dans ce sens n’est qu’une particularité qui n’existe que dans certains quartiers, l’usage de la voiture à cette fin tend à devenir une profession à part entière.

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