Mutuelle générale : Nouvelle bataille

La guerre syndicale est de mise. Alors que le SNE (Syndicat national de l’enseignement) conduit par Abderrahman Chennaf, a décidé la tenue de son congrès national, en décembre prochain, dans les autres secteurs, la guerre des positions est entamée.
Dans plusieurs villes du royaume, en particulier à Kénitra, Oujda et Marrakech, la lutte bat le plein autour des locaux de la CDT et des instances dirigeantes des syndicats nationaux.
Après les secteurs des Phosphates, de l’Enseignement, de l’Agriculture et des Chemins de fer, le tour est venu pour la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques (relevant du CNOPS) de se positionner au-devant de la scène syndicale, non par l’octroi d’acquis en faveur du personnel mais par la haute tension qui caractérise les rapports entre le Bureau exécutif de la CDT et les syndicalistes appartenant à l’USFP. Sur le terrain, la situation est critique et son redressement n’admet aucun ajournement. Aussi bien dans les coulisses, que dans les alentours du siège de la Mutuelle, une guerre infernale oppose le président du Conseil d’administration, Mohamed Ferrae, ancien responsable syndical à Larache et proche collaborateur de Mohamed Noubir Amaoui, secrétaire général de la centrale syndicale, à cinq de ses adjoints, dont en premier lieu Hafid Alioua. Le Bureau est composé de huit membres dont deux appartiennent au CNI et un à l’«Association Fidélité à la Démocratie», issue de l’USFP.
Pour M. Alioua et les quatre membres du bureau qui sont avec lui, il n’y a pas l’ombre d’un doute : le CNI (Congrès National Ittihadi) tire financièrement profit des caisses de la Mutuelle. Le cas le plus spectaculaire et le plus récent n’est autre que celui d’une manifestation récente tenue à Essaouira. L’affaire est, donc, juteuse et l’enjeu est grave et non moins important, aussi bien pour le parti de Abderrahmane Youssoufi que pour celui de Abdelmajid Bouzoubae (le CNI).
Lundi dernier, alors que ses adjoints s’apprêtaient à tenir la réunion du Conseil d’administration, prévu pour le 5 novembre 2002, Mohamed Ferrae a saisi le tribunal d’une plainte en référé. Le lendemain matin, le tribunal de première instance ordonne la suspension des réunions du Conseil d’administration et renvoie le dossier au tribunal compétent. Entre temps, «des convocations falsifiées» et non inscrites au bureau d’ordre, selon les propos de M. Alioua, portant la signature de ce dernier, ont été adressées aux déléguées, lesquels ont dû remplir la salle des réunions. Le but escompté atteint, l’affaire est à présent entre les mains de la justice. Mais sur le terrain, la bataille ouverte ne fait commencer.
D’ailleurs, le rapport du secrétariat de la Commission de l’USFP chargée de l’action syndicale, tenue le dimanche 3 novembre, a lancé un mot d’ordre appelant à la levée du voile qui entoure la gestion financière de cette caisse et à la mobilisation.

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