Mystérieuse disparition d’un notaire

Lundi 10 septembre 2001, 20 heures passées, Abdelaziz Assadi quitte l’immeuble n°97, rue Azilal, préfecture de Casablanca-Anfa. Il vient de laisser sa jeune femme toute seule dans son appartement au quatrième étage. Ils se sont mariés, il y a une année et demie. Mais elle n’arrive toujours pas à s’habituer à être loin de lui, surtout après les heures de travail. Cette nuit-là, il a un rendez-vous avec son ami Youssef, le frère de celui-ci et sa fiancée. Il monte dans la Sienna blanche de son épouse et s’arrête près du restaurant La Bodéga. Là, il trouve ses amis qui l’attendent. 23heures. Le portable d’Abdelaziz sonne. C’est son collègue et ami Samir qui l’appelle. Il lui demande qu’il désire venir chez lui. Lorsqu’ils ont quitté le restaurant après 23 heures, le frère de Youssef monte dans sa voiture alors que ce dernier et sa fiancée montent dans la Sienna avec Abdelaziz. Il les emmène jusqu’au boulevard Zerktouni pour se diriger, seul, vers la demeure de son collègue. Mais il n’est jamais arrivé. Minuit. Nadia (sa femme) commence à s’impatienter. Elle lui téléphone. Pas de réponse. Elle lui retéléphone une énième fois et toujours sans réponse. Elle attend jusqu’au lendemain pour informer ses gendres et ses parents, et questionner ses amis. Mais personne ne l’a vu sauf Youssef qui a dîné avec lui. Déboussolée, elle hésite à alerter la police. Lundi 17 septembre, vers l’après-midi, la Gendarmerie royale d’Aïn Harrouda téléphone à Nadia: -« Pouvez-vous nous rejoindre à la brigade ? » -« Oui », se contente de répondre Nadia désemparée. Accompagnée du frère d’Abdelaziz, un avocat du barreau de Casablanca, Nadia s’est rendue au siège de la brigade de la gendarmerie. -« On a découvert votre Sienna dans la forêt Masbahia, toute calcinée et dépourvue de ses plaques minéralogiques. Nous vous avons identifiée après avoir relevé le numéro du châssis.» Aussitôt, le chef de brigade alerte ses supérieurs pour recevoir les instructions nécessaires afin de mener une enquête minutieuse. Accompagnés du frère d’Abdelaziz, les éléments de la gendarmerie d’Aïn Harrouda se sont dépêchés vers la forêt. Ils ont effectué un ratissage de tous les lieux avec le soutien des chiens. Résultat toujours négatif. L’affaire a été confiée par la suite à la police judiciaire de la Gendarmerie de Mohammédia, qui a dressé toute une liste des amis et des proches d’Abdelaziz. Elle a auditionné une trentaine de personnes dont Youssef qui est le dernier à l’avoir vu, ainsi que son frère et sa fiancée. Encore rien à signaler. Cinq jours après la découverte de la voiture calcinée, la Wafabank a téléphoné à Nadia pour l’informer que la carte de guichet de son mari a été retrouvée au guichet automatique de l’agence de Bernoussi. Encore un autre mystère. Deux mois plus tard, aucune trace concernant le notaire Abdelaziz n’est apparue. L’enquête continue.

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