Nadia Benhida : «Il faut trouver une solution à la surpopulation dans nos prisons»

Nadia Benhida : «Il faut trouver une solution à la surpopulation dans nos prisons»

ALM : Pensez-vous que la révision de la législation pénale est aujourd’hui une nécessité?
Nadia Benhida : Oui, la révision des dispositions du Code pénal est aujourd’hui une nécessité. Nous recommandons que certaines dispositions du Code pénal fassent l’objet d’un amendement. Le Code pénal doit contenir des dispositions qui préservent les droits dont les personnes incarcérées devraient jouir normalement. Le Code pénal doit renforcer les prérogatives du juge chargé d’exécuter la sentence. Il doit aussi prévoir des dispositions qui accordent aux ONG qui travaillent dans ce domaine des droits leur permettant d’accomplir leur mission sans entraves. Le projet se trouve  toujours au niveau du secrétariat général du gouvernement. Nous ne voyons pas d’aboutissement. La révision doit normalement faire l’objet d’une discussion entre toutes les parties concernées. L’administration, les associations, l’Observatoire marocain des prisons, les juristes spécialisés en droit pénal… et toute la société civile doit être impliquée dans ce processus.  

L’Observatoire marocain des prisons a reçu 520 plaintes en 2008. Quelles sont les revendications des plaignants ?
Les plaintes reçues par l’Observatoire marocain des prisons sont traitées par une commission spéciale. Après leur réception, celles-ci sont classifiées par des avocats spécialisés. Après les avoir classifiées, ils procèdent à l’examen juridique de ces plaintes. Après cette phase, l’OMP donne suite à ces plaintes. Nous donnons la priorité aux plaintes présentant un caractère urgent. Un grand nombre de détenus est dans un état de santé déplorable.
La dépression touche plusieurs personnes incarcérées. On ne peut changer cette réalité que si les conditions de détention sont améliorées. Il faut trouver une solution au phénomène de surpopulation dans les prisons marocaines. La grande partie des plaintes concerne le mauvais traitement dont sont victimes certains détenus. Nous avons aussi reçu des plaintes de détenus qui avaient fait une grève de la faim. Les plaignants revendiquent l’amélioration des conditions de détention. Ils demandent aussi que les soins médicaux auxquels ils ont droit soient plus réguliers et de qualité. Des plaintes touchent aussi les demandes de grâce. Dans certains cas, ces demandes ne parviennent pas aux autorités concernées.

Vous avez appelé à substituer à la peine capitale des sanctions alternatives. Quelles sont ces sanctions ?
Pour ce qui est de la peine de mort, l’OMP demande que cette peine soit abolie. L’OMP est membre de la coalition internationale pour l’abolition de la peine de mort et aussi de la coalition arabe pour l’abolition de la peine de mort, qui a été instituée en 2007. La dernière exécution de la peine capitale au Maroc remonte à 1993. Nous avions organisé une conférence ayant pour objet les sanctions alternatives à la peine de mort.
Aujourd’hui les condamnés à la peine capitale se retrouvent dans une situation délicate. La peine n’est pas exécutée et la durée de la réclusion n’est pas déterminée. Autrement dit, ils sont face à la réclusion perpétuelle, qui est très dure à vivre par ces personnes. La sanction alternative que nous proposons est la réclusion à temps.

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