Nador : Abarkane et les 200 hectares

Nador : Abarkane et les 200 hectares

Mercredi 26 avril 2006, des protestataires assez particuliers ont volé la vedette aux diplômés chômeurs qui investissent d’habitude aux abords du Parlement. Ce mercredi donc à Rabat, un sit-in inhabituel a eu lieu sur le boulevard Mohammed V, plus exactement devant le café Balima qui se trouve en face de l’hémicycle.
Ce mouvement de protestation a été initié par des Marocains résidant à l’étranger (MRE).
Il s’agit des héritiers de Moh Hadj Lahcen qui se plaignent d’avoir été victimes d’expropriation illégale. Selon les membres de cette famille, le député Mohamed Abarkane (député PPS à la Chambre des représentants) se serait emparé de quelque 200 hectares leur appartenant, situés à Béni Boughafer dans la région de Nador.
C’est la raison pour laquelle plusieurs des héritiers de Moh Hadj Lahcen ont fait le voyage depuis la ville de Grenoble en France jusqu’à Rabat.
Ils étaient en fait 42 membres de la même famille, dont une vingtaine d’enfants, à faire le déplacement en autocar.
L’objectif à travers l’organisation d’une telle manifestation est d’attirer l’attention de l’opinion publique, et plus particulièrement celle des ministres, quant à l’abus dont ils estiment être victimes.
Pour les membres de cette famille, ce sit-in, qui a duré plus de quatre heures, est leur dernier espoir pour faire entendre leur voix et pour que les responsables veillent à ce que leur dossier suive son cours normal à la justice.
Ils souhaitent ainsi mettre fin, une fois pour toutes, aux intimidations et menaces dont ils se disent être victimes de la part de Mohamed Abarkane.
Selon les héritiers de Moh Hadj Lahcen, le député PPS aurait pris leurs terres « par la corruption, par l’usage de faux papiers ainsi que par l’intimidation et autres pratiques malhonnêtes dont lui seul est capable ».
Les héritiers brandissent d’ailleurs toutes les preuves censées prouver qu’ils sont les véritables propriétaires des terres, objet du litige, notamment les titres dûment établis tels que l’attestation d’inscription à la Conservation foncière et l’acte authentique d’acquisition.
Ils estiment par ailleurs que M. Abarkane « use de son immunité parlementaire pour nous délester nos terres ».
Ce dernier, contacté par ALM, nie en bloc toutes ces allégations. Il estime par ailleurs que c’est à la justice de trancher dans cette affaire. Sans plus de commentaire.
Mais c’est principalement à ce niveau-là que l’affaire bloque. Les héritiers de Moh Hadj Lahcen, disent avoir frappé à toutes les portes depuis 2002. Ils ont notamment sollicité l’intervention du ministère délégué chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger, celle de l’ambassade du Maroc en France ou encore celle du Premier ministre.
Ils ont également déposé plainte auprès du ministère de la Justice par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération.
Malgré tous ces efforts, l’affaire n’est pas parvenue à suivre son cours normal devant la justice. Ils sont actuellement près d’un millier d’héritiers à réclamer leur propriété et à réclamer que ce contentieux foncier soit définitivement réglé.

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