Najia Adib: «On a l’impression que les enfants sont le dernier de nos soucis»

Najia Adib: «On a l’impression que les enfants sont le dernier de nos soucis»

Trois questions à Najia Adib, présidente de l’association «Touche pas à mes enfants»

ALM : Que pensez-vous de ce « vol » de bébé qui vient d’avoir lieu au CHU Ibnou Rochd à Casablanca ?

Najia Adib : C’est avant tout de la négligence, de l’inadvertance de la part du personnel de l’hôpital. Je crois qu’il faut que les responsables rendent des comptes. Car si un enfant, et a fortiori un nouveau-né, se trouve dans un lieu où il est censé être automatiquement protégé et qu’il lui arrive malheur cela signifie qu’il serait peut-être plus sûr pour une femme enceinte d’accoucher en pleine rue… Car dans un CHU, dans le pavillon maternité on est censé trouver en permanence, je dis bien en permanence, au moins un médecin, un infirmier et un membre du personnel de surveillance. Cela bien entendu sans parler des caméras qui ne semblent pas fonctionner…On a parfois l’impression que les enfants sont le dernier de nos soucis. En revanche, quand vous venez rendre visite à un malade la sécurité est la première règle à respecter. On vous arrête à l’entrée et vous êtes soumis à un interrogatoire détaillé de la part de l’agent de sécurité «où allez-vous ?» «Interdit de passer», etc. Un maximum de sécurité… Mais pas au-delà de l’entrée visiblement. Cela sans parler, et c’est un autre volet de la sécurité sanitaire cette fois, de la présence de chats qui partagent chambres et couloirs avec les patients… même au pavillon maternité.

Vous croyez que cela pouvait être évité ?

Malheureusement ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident arrive. Mais la question à poser c’est : où se trouvaient les infirmières, surtout celle chargée à ce moment des nouveau-nés. Et cette personne qui a commis l’acte de rapt du bébé n’est sûrement pas venue par hasard. Elle doit être bien informée à propos du cycle de garde, de la présence du personnel médical et même du parcours à prendre une fois arrivée à ses fins. Il y a toujours et incontestablement des complicités dans ce genre d’affaires. Voilà une femme qui entre dans un grand hôpital, bien gardé de surcroît, et qui réussit à passer inaperçue à l’entrée comme à la sortie, juste parce qu’elle portait une blouse blanche !! Cela relève un peu de la fiction. Nous sommes quand même dans un CHU, à Casablanca et en 2016 ! Ou alors c’est une machination avec un plan bien dessiné et des complicités de tous bords…

En principe il existe, en plus du personnel de la sécurité et de garde, des caméras…

Je ne pense pas que ces caméras fonctionnent comme il faut. En tout cas le problème risque de se reproduire car il y a comme un sentiment d’irresponsabilité de la part des premiers concernés. Où est passée cette inspection à l’improviste de la part du ministère de tutelle ? Allez aux urgences des CHU et vous allez voir des choses effrayantes.

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