Najwa Malha rejoint les bancs de l’école

Najwa Malha rejoint les bancs de l’école

Le port du voile dans les écoles a fait couler beaucoup d’encre en France et cette fois-ci c’est en Espagne que la polémique reprend. Motif : Najwa Malha, une jeune fille d’origine marocaine, âgée de 16 ans, a été interdite d’entrer en classe voilée. Contacté par ALM, Kamal Rahmouni, président de l’Association des travailleurs et immigrés marocains d’Espagne ( ATIME) a déclaré que «Najwa qui étudie au lycée Camilo José Cela à Pozuelo de Alarcon (près de Madrid) a été réadmise dans son lycée après y avoir été exclue pendant une semaine» avant d’ajouter : «La jeune fille passait des heures dans une salle isolée à l’intérieur du lycée et attendait que ses camarades lui apportent les cours».
La direction du lycée a pris cette mesure en arguant que le règlement intérieur interdit «l’usage de casquettes et de tout autre vêtement qui couvre la tête ». Une décision qui a aussitôt été contestée par ATIME. «Cette mesure est contraire au droit à l’éducation, qui est un droit fondamental garanti par la Constitution. Le droit à l’éducation prévaut sur le règlement intérieur. Nous avons fait part de notre désaccord avec cette décision discriminatoire aux autorités régionales», a souligné le président de l’association. «Il n’y a pas de loi qui interdit le port du voile en Espagne. Il s’agit d’un pays libre où la liberté des cultes religieux doit être respectée», poursuit -il. Dans un communiqué, l’association a appelé l’administration du lycée «à assumer ses responsabilités en procédant à la réadmission de l’élève marocaine en classe». Pour sa part, le père de Najwa qui a respecté dès le début la décision de sa fille de porter le voile a présenté un recours contre le lycée devant le département chargé de l’Éducation de la région autonome de Madrid. En réaction à la décision du lycée Camilo José Cela, la presse espagnole a rapporté samedi 17 avril que les ministères espagnols de l’Éducation et de la Justice avaient appelé au respect de la liberté religieuse et de culte des élèves. Le ministère de la Justice, à travers la sous-direction de coordination et de promotion de la liberté religieuse, a rappelé que la liberté religieuse est garantie par la Constitution espagnole en soulignant que  : «une jeune fille qui porte le voile dans une école publique n’offense en aucune manière les droits fondamentaux des autres, ni porte atteinte à l’ordre public». Cité par la presse espagnole, le ministre espagnol de la Justice a indiqué qu’ «Il n’y a aucune loi qui interdit aux élèves de sexe féminin de porter le Hijab et le droit d’être scolarisé dans  des conditions dignes doit prévaloir sur toute autre considération».
L’affaire Najwa Malha est loin d’être l’unique affaire en Espagne. En 2009, un juge espagnol avait expulsé une avocate espagnole d’origine marocaine pour port du voile. La scène a lieu le 29 octobre lorsque le juge Javier Gomez Bermudez demande à Zoubida Barik Edidi qui assistait un confrère dans un procès lié au terrorisme de quitter la salle. L’avocate a alors porté plainte contre le juge auprès du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) pour «discrimination» et «abus de pouvoir».

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