Nicole Barbin : «SAR la Princesse Lalla Meryem a un sens aigu de la solidarité»

Nicole Barbin : «SAR la Princesse Lalla Meryem a un sens aigu de la solidarité»


Aziz Hachimi : Ce prix constitue-t-il une reconnaissance du combat mené au quotidien par SAR la Princesse Lalla Meryem pour l’émancipation des femmes marocaines, arabes et africaines?
Nicole Barbin  : SAR la Princessse Lalla Meryem a œuvré pour les femmes et les enfants. J’avais des amies Saïda Yassine et Fawzia Talout Meknassi qui m’ont présenté la Princesse à Rabat lors de la Journée de la femme. Et j’ai été tout à fait conquise par le jury qui avait décidé que le premier Trophée international «Femmes leaders mondiales» revienne à SAR la Princesse Lalla Meryem. J’avais souhaité la rencontrer avant que le jury finisse de délibérer. J’ai rencontré la Princesse et j’ai pu constater son travail admirable pour les artisanes marocaines, sa façon d’être avec ces femmes qui travaillent de façon merveilleuse ainsi que sa modestie. Son image auprès des femmes marocaines fait qu’elle  méritait ce prix. Il lui a été décerné pour son implication remarquable, son sens aigu de la solidarité.

Vous avez mis le Maroc à l’honneur en décernant ce Trophée à SAR la Princesse Lalla Meryem, est-ce également une reconnaissance de la stature du Maroc en tant que médiateur influent de la paix et de la tolérance dans le monde ?
Nous considérons que SAR la Princesse Lalla Meryem peut être une lumière qui éclaire le rapprochement Nord-Sud et elle est au niveau des pays arabes, celle qui ouvre la porte à une paix et à la possibilité de tous les peuples à travailler ensemble. Pour nous, SAR la Princesse Lalla Meryem est une personnalité incontestée dans le monde arabe.

Il faut aussi relever l’engagement de SAR la Princesse Lalla Meryem pour les enfants. Quel regard portez-vous sur cet engagement ?
Les enfants sont ceux qui porteront demain la paix au monde. Il est important que SAR la Princesse Lalla Meryem se soit intéressée plus particulièrement aux enfants. Les mères font effectivement l’éducation de leurs enfants. Cela dit, il faut que les enfants aient dans leur pays une éducation qui leur permette d’avoir un avenir plus certain, plus sûr que celui que nous avons aujourd’hui. Le rôle de la Princesse est extrêmement important.

D’importantes actions sont menées par des femmes comme SAR la Princesse Lalla Meryem. Quel est l’impact de toutes ces actions au niveau international pour renforcer ces passerelles entre l’Orient et l’Occident, le Sud et le Nord ?
La Princesse a des qualités fondamentales. Elle est accueillante, ouverte à tous les discours, à toutes les problématiques. Je suis persuadée que nous aurons, grâce à SAR la Princesse Lalla Meryem, une image dans tout le monde arabe qui permettra de faire de la relation Nord-Sud, une relation plus agréable. Quand je l’ai rencontrée et qu’elle était à côté de Simone Veil et que nous discutions toutes les trois, j’ai compris le profil qu’elle avait pour le maintien de la paix et pour faire en sorte que le Nord-Sud se rassemble et que l’on puisse avoir une grande image de paix et de sérénité.

Lors de la remise de ce premier Trophée international, l’histoire retiendra cette image de deux grandes femmes : SAR la Princesse Lalla Meryem et Simone Veil lui remettant le trophée. Comment avez-vous vécu ce moment?
Je dirais que Simone Veil est la personnalité qui est la plus aimée des Français. Et pour moi, elle représente l’exemplarité. Cette grande dame qui est entrée à l’Académie française est l’ image d’une femme dont l’exemple est unique en France mais aussi dans le monde.

Vous tenez actuellement votre 10 ème congrès sur «Les nouvelles technologies, promesses et défis pour l’avenir». Est-ce que les nouvelles technologies de l’information constituent un moyen pour la femme de s’émanciper?
Grâce aux nouvelles technologies et à Internet, nous avons la chance de pouvoir travailler à la maison et de commercialiser tout ce que nous produisons notamment dans l’artisanat et SAR la Princesse Lalla Meryem a été très attentive à ce sujet. Elle a un projet dans cet esprit pour faire reconnaître le travail de ces femmes et de faire en sorte qu’il soit commercialisé. Les nouvelles technologies ont révolutionné le rôle de la femme. Il faut faire en sorte que les femmes apprennent à traiter, à communiquer avec d’autres femmes dans le monde grâce à cet outil.

En créant il y a dix ans l’Association des femmes leaders mondiales, est-ce que vous pensiez réunir un jour les 500 adhérentes venues du monde entier ?
Oui et je vais vous dire pourquoi. J’étais opposée à la parité qui est en France une loi pour laisser aux femmes une place qui est définie par la législation. Et j’estimais que la compétence était bien meilleure que la loi. Je pense qu’il est important que ce soit les femmes qui se réunissent et forment un réseau pour faire valoir leurs compétences et  montrer ce qu’elles représentent pour la paix et la sécurité d’un pays. Notre charte est de mettre en lumière les femmes responsables et solidaires à partir de leur parcours individuel et de promouvoir la place et l’impact de ces femmes   dans la société afin de dynamiser la complémentarité des valeurs hommes-femmes. Je suis persuadée que grâce à la complémentarité, les hommes ont compris que nous n’étions pas une association féministe contre eux mais avec eux.

On dit de vous que vous êtes une «wonderwoman» inimitable, vous avez quitté l’école à 16 ans et vous avez été bachelière à l’âge de 40 ans. Parlez-nous de votre parcours ?
Mon père qui était militaire et qui est mort pour la France nous avait donné une image de la nation qui nous a permis d’évoluer au service de l’État. L’État a reconnu mon travail et j’ai reçu des décorations importantes. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux m’a remis l’insigne de Commandeur de l’ordre du mérite. J’ai voulu à un certain moment de ma vie rendre aux femmes tout ce que le monde m’avait donné. Je me suis battue pour arriver à ce que je suis aujourd’hui. J’ai lutté pour les femmes. Quand on a reçu, il faut savoir donner. Ce que je peux donner aux femmes dans le monde, c’est le travail que je fais avec cette association.

Quel bilan faites-vous de ces dix années?
Nous avons œuvré dans l’esprit de la complémentarité des valeurs hommes-femmes afin que les femmes prennent leur place dans la société civile, économique, politique et surtout qu’elles soient reconnues et mises en lumière pour leurs compétences.

Comment peut s’effectuer cette complémentarité hommes-femmes ?
Il faut déjà qu’il y ait un flambeau, c’est celui que nous avons allumé pour faire en sorte qu’il y ait un grand réseau mondial de femmes qui soient en mesure de faire évoluer les politiques. Pour cela, nous avons effectué plusieurs travaux et émis plusieurs réflexions.
Nous portons ces réflexions sur le plan international régulièrement à travers des rencontres économiques internationales qui ont lieu tous les deux ans et quelquefois tous les ans.

Cela fait dix ans que vous portez le flambeau de la complémentarité hommes-femmes, cette image que vous avez au niveau international donne-t-elle une plus grande possibilité de travail pour mettre les femmes en lumière ?
Les hommes ont des réseaux très importants dans la mesure où ils ont œuvré avant nous, les femmes et nous souhaitons que ce grand réseau s’ouvre dans tous les pays du monde afin de mettre en relief le travail des femmes qui sont compétentes et susceptibles d’assumer d’importantes responsabilités.

Un dernier mot pour toutes les femmes. Quel message voudriez-vous leur transmettre ?
Les femmes représentent le ciment du pays. C’est elles et c’est par elles que tout fonctionne. Il faut que toutes les femmes du monde se tiennent la main et que cette grande chaîne féminine puisse faire en sorte que les hommes reconnaissent le parcours qu’elles ont réalisé depuis des décennies.
Les hommes doivent permettre aux femmes de réussir dans leur vie professionnelle et familiale. Il faut que ce soit eux qui les aident à entreprendre le parcours qu’elles méritent.

  Interview réalisée par Aziz Hachimi de Chaîne Inter

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