Noces de sang dans un douar

Noces de sang dans un douar

Abdellah figure parmi les invités à la cérémonie de mariage, célébrée en août dernier dans le douar Ouled Hammadi, commune Dchira, province de Kelaât Sraghna.  Les nouveaux mariés sont des habitants du douar. Ce soir-là, l’ambiance était festive et enchanteresse. Deux tentes ont été dressées à l’occasion pour accueillir les invités. Un groupe musical animait la soirée. Abdellah est arrivé après 21 heures. A l’intérieur des tentes, les gens dansaient et chantaient. Tout le monde est plongé dans une ambiance musicale sereine. Abdellah était ivre. De temps en temps, il sortait de la tente pour aller boire quelques verres. Ce natif du douar est très connu pour son agressivité. Il a quitté les bancs de l’école très tôt et a travaillé dès l’adolescence dans les champs. D’autres jeunes du douar s’énivraient également, mais sans attirer l’attention des invités. Quant à Abdellah, tout le monde s’est rendu compte de son ivresse.  Il titubait. Il a même tenté d’arracher le violon à un membre de l’orchestre.
Quelques invités sont intervenus pour l’empêcher. Mais il s’est révolté contre eux. Il les a même insultés. Pour éviter la bagarre, ils ont rejoint leurs places en silence. Les festivités se sont poursuivies jusqu’à 3h 30 du matin. La troupe musicale a alors cessé de chanter. La majorité des invités sont retournés chez eux. Quelques jeunes du douar se sont attardés dans les lieux pour blaguer et plaisanter. Le père de la mariée est arrivé pour leur annoncer la fin de la cérémonie et les a suppliés de partir sans lui créer de problème. Abdellah s’est énervé. Il a cru être visé par le père de la mariée. Il s’est relevé difficilement, et arrivé devant lui, il a commencé à l’insulter. «Je ne partirai pas et je vais dormir là où je veux», cria-t-il. Le père l’a dévisagé sans lui adresser la parole. Mais, Abdellah n’a pas cessé pour autant ses injures. Il est même devenu obsène. À ce moment, le père de la mariée a tenté de le calmer en lui demandant de rester s’il le souhaite. Mais Abdellah ne voulait rien savoir. En un clin d’oeil, il sort un grand couteau qu’il cachait dans ses chaussettes. Il s’est dirigé ensuite, le couteau à la main, vers la troupe musicale qui emballait ses instruments. Il leur a demandé de reprendre les chants. Aussitôt, quelques jeunes qui ne sont pas encore partis l’ont immobilisé pour le faire sortir. Quand ils sont retournés à la tente caïdale, ils ont cru qu’il est parti définitivement. Mais Abdellah s’est dissimulé derrière un arbre. Un moment plus tard, il a réapparu à l’intérieur de la tente le couteau à la main. Il assena rapidement un coup de son arme blanche à l’un des invités, Aziz, qui tournait son dos à l’entrée de la tente. Raison pour laquelle il n’a pas remarqué sa présence. En lançant un cri strident, Aziz s’est effondré. Quand les jeunes qui étaient en compagnie de la victime se sont apprêtés à intervenir pour l’arrêter, il a donné un second coup au niveau du cœur à un autre jeune qui se prénomme Tarek . Après quoi, il prend la fuite.
A bord d’une voiture, Aziz a été évacué vers les Urgences de l’hôpital Essalama, à Kelaât Sraghna, alors que Tarek a été transporté par quelques gens du douar vers un dispensaire qui se trouve à plus de cinq cents mètres du douar. En remarquant que sa blessure est très grave, l’infirmier a téléphoné au Centre hospitalier de la commune Beni Âmer de l’Arbâ Casette pour alerter le médecin chef. Mais avant même de finir l’appel téléphonique, Tarek rendait l’âme.
Alertés, les éléments de la gendarmerie royale de Kelâat Sraghna se sont dépêchés sur les lieux. Après les constats et l’audition des témoins, ils ont lancé une opération de ratissage dans le douar et ses environs. Quelques heures plutard, ils ont surpris le meurtrier plongé dans un profond sommeil. Arrêté, Abdellah a été confié à la justice de Marrakech. Quant à Aziz, ses jours ne sont pas en danger. Il s’est rétabli après avoir subi une opération chirurgicale.

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