«nos lauréats trouvent facilement du travail»

«nos lauréats trouvent facilement du travail»

ALM : Quel bilan faites-vous des réalisations de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail ?
Larbi Bencheikh : Comme je l’ai exposé lors de mon intervention à l’occasion des premières Assises nationales de la formation professionnelle, notre bilan est positif à tous les points de vue et les chiffres le confirment. Permettez-moi de rappeler que l’OFPPT a été chargé par le gouvernement, en 2002, de la réalisation d’un ambitieux programme de développement de la formation professionnelle qui vise la formation de 400 000 stagiaires à l’horizon 2007-2008. Une stratégie d’optimisation et de développement du dispositif a été mise en place pour concrétiser cette commande. Nous disposons aujourd’hui d’un réseau de 245 établissements qui accueillent, pour l’année 2006-2007, près de 142000 stagiaires, dont 103000 en première année dans 170 métiers et quatre niveaux de formation (Techniciens spécialisés -Technicien- Qualification – Spécialisation). Je précise à ce sujet que le nombre de stagiaires ne dépassait pas les 57 500 en 2002-2003. Il a donc été multiplié par 2,7. A ce jour, nous pouvons être fiers des résultats atteints, puisque nous concrétisons déjà, au titre de cette année, 80% de cette commande. Cette évolution du dispositif a été accompagnée par le souci d’une meilleure adéquation avec les besoins évolutifs en compétences. Elle a également été associée à une démarche qualité qui nous a permis de revoir et de mettre en place une nouvelle approche pour le recrutement et la formation des formateurs notamment par la mise en place des Centres de développement des compétences (CDC), d’un nouveau processus d’évaluation des acquis professionnels des stagiaires, l’élaboration des modules de formation, l’équipement de nos établissements de formation de matériels de pointe qui tient compte des évolutions technologiques que connaissent les métiers et la certification ISO 9001 (version 2000) des établissements de formation.

Quelles sont les filières qui marchent le plus auprès des étudiants ?
En réalité, la formation professionnelle connaît un engouement de plus en plus fort de la part des jeunes, compte tenu des possibilités plus larges d’insertion professionnelle qu’elle offre. En ce qui concerne l’OFPPT, il faut savoir que le taux de demande global enregistré par nos établissements au cours de ces dernières années est en moyenne de 400%. Ce taux peut atteindre plus de 2000 % pour certains secteurs. Lors de la dernière rentrée, nous avons accueilli près de 300.000 candidatures. Nous assistons par ailleurs à une forte demande de la part des jeunes dans plusieurs filières dont celles du tertiaire (gestion, finances…), des NTIC et de l’offshoring ou encore de l’hôtellerie-tourisme et du transport, qui connaissent une forte affluence, dépassant les 10 candidatures par  place proposée.

En matière d’insertion, quels taux enregistrez-vous à l’Office ?
D’après la dernière enquête sur l’insertion des lauréats, menée par l’OFPPT, les taux varient entre 75 et 100%. Les taux plus élevés sont enregistrés dans des filières comme les NTIC avec 90%, le transport 88%, le bâtiment 75%, le tourisme 90%. Ces taux sont largement encourageants. Néanmoins, notre ambition est de mettre sur le marché du travail des profils qui répondent mieux aux besoins actuels et futurs des entreprises. Pour y parvenir, nous mobilisons toutes les ressources nécessaires pour améliorer la qualité de nos formations, en concertation étroite avec les professionnels et en concordance avec les grands projets économiques initiés par les pouvoirs publics. Par ailleurs et pour faciliter l’insertion de nos lauréats, nous avons mis en place des « Cercles de recherche active d’emploi » dans nos établissements de formation. Ces Cercles permettent un suivi individualisé de chaque participant. Nous les encourageons également à créer leur propre entreprise, d’autant que nous formons dans des métiers où l’auto-emploi est plus accessible. Ceci en sus de la participation de l’OFPPT au programme « Moukawalti » par la création de guichets d’appui à la création d’entreprises qui accueillent et accompagnent les jeunes porteurs de projets.

Que fait l’OFPPT pour accompagner le développement des nouveaux métiers ?
A l’OFPPT, notre plan d’action est placé sous le signe de la proactivité, la qualité et l’anticipation des besoins des professionnels. Offshoring, NTIC, tourisme, automobile, aéronautique, transport, agroalimentaire, BTP, sont des secteurs qui bénéficient actuellement d’une priorité particulière, en raison de leur caractère stratégique dans les programmes nationaux de développement. Concernant l’offshoring, l’OFPPT formera un tiers des besoins dans les métiers de la relation client (Téléconseillers), de la comptabilité, de la finance, de l’assurance, des NTIC… Pour y parvenir, nous avons créé le Complexe de formation aux métiers de l’offshoring et aux technologies de l’information (CFMOTI) installé au cœur de la nouvelle zone «Casa Shore» et qui a été inauguré par SM le Roi Mohammed VI en février 2006. Ce complexe a pour objectif de former, de re-qualifier et de perfectionner des diplômés (bac +2 et bac + 4) désireux de compléter leur savoir-faire professionnel dans les métiers liés aux activités de l’offshoring.

Comment partagez-vous le marché de la formation professionnelle avec le secteur privé ?
J’aimerais préciser que l’OFPPT n’est nullement en concurrence avec l’enseignement privé. Nous sommes le premier opérateur de formation professionnelle au Maroc avec un réseau de 245 établissements qui accueillent 142.000 stagiaires. Néanmoins, nous avons toujours été ouverts à tout développement de synergie entre notre institution et les opérateurs du secteur privé qui partagent le même souci de qualité et de professionnalisme, pour le développement et la promotion du secteur de la formation professionnelle dans notre pays. Personnellement, je préfère parler de complémentarité et de mutualisation plutôt que partage de marché. Les chantiers dans lesquels s’inscrient le Royaume et les grandes mutations économiques font du facteur humain un atout indispensable, ce qui appelle inéluctablement à la formation et au développement des compétences. L’OFPPT continuera sur cette voie en mettant sa capacité de proactivité et d’anticipation au service de tous les acteurs de l’essor économique.

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