Noureddine Meqtel : «L’EPS est un cours où l’on apprend par et pour l’action»

Noureddine Meqtel : «L’EPS est un cours où l’on apprend par et pour l’action»



ALM : Parmi les cours défavorisés par la masse horaire, celui de l’EPS semble le plus perturbé. Cela incombe-t-il à la nature de la matière ou une mauvaise gestion du temps ?
Noureddine Meqtel : Le créneau horaire (2 heures par semaine) réservé à l’EPS est insuffisant. Quant aux 3 heures de l’Association sportive scolaire (ASS), la plupart des établissements scolaires ne l’appliquent pas. Et ce en plus de l’effectif-classe qui ne facilite pas la tâche pour une exploitation efficiente de ces séances. En somme, les élèves ne disposent que de 47 minutes pour ce cours vu les temps réservés à la mise en tenue et le retour au calme pour se remettre en tenue de classe. En cas de mauvaise gestion de ce temps, on assistera à des échecs cuisants.

Cela nous mène à préciser les spécificités de ce cours. Quels en sont les contours ?
C’est un cours où l’on apprend par et pour l’action. De fait, l’élève doit s’exercer dans de bonnes conditions et le professeur doit faire preuve d’une bonne gestion de l’effectif, du savoir organisationnel du groupe-classe tout en structurant de manière efficiente les différentes situations d’apprentissage. Ce sont des pratiques opérationnelles, didactiques et pédagogiques pour éviter les multiples handicaps qui entravent la réussite du cours de l’EPS.

En somme, ce sont des démarches qui se veulent pertinentes?
Ce sont des paramètres de réussite qui doivent s’adosser à un contrat pédagogique préétabli dès le début de l’année scolaire. Un contrat sous forme d’habitudes et d’habiletés proposées et appliquées par les élèves eux-mêmes. Pour opérationnaliser cet engagement, il faut responsabiliser des leaders au sein des groupes pour veiller au respect des modalités pratiques de la séance EPS. La répartition de la classe en groupes avec des tâches spécifiques à appliquer, le long de l’année, a pour effet immédiat l’implication des élèves. La finalité étant d’optimiser les apprentissages, la masse horaire et les espaces de jeu.

Cela ne doit-il pas passer par le recours à un type d’apprentissage et une pédagogie spécifique ?
Le travail par atelier est une mesure organisationnelle qui facilite l’autonomisation. Le fait de travailler dans un espace ouvert engendre des situations imprévisibles d’apprentissage. De surcroît, c’est un travail qui doit s’inscrire dans une pédagogie différenciée vu l’hétérogénéité des classes. Le professeur doit aussi minimiser ses interventions en privilégiant les solutions pédagogiques, cognitives et socio-affectives qui émanent de la pratique classe. C’est de cette manière qu’on valorise l’apport de l’élève dans son propre apprentissage et on l’implique dans l’optimisation de son temps d’apprentissage.

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