Nous et l’Afghanistan

En dépit de certains atouts qu’ils ont en commun, les relations bilatérales entre l’Afghanistan et le Maroc ne sont pas très développées. Et pour cause. D’abord, parce que ce pays est loin de l’Afrique du Nord et que, depuis plusieurs décennies, il faisait partie des pays instables. Bordé au nord par le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, à l’ouest par l’Iran, à l’est et au sud par le Pakistan et par la Chine, l’Afghanistan dispose d’une superficie de 650.000 km2. Sa population, estimée à quelque 15 millions d’habitants, constitue une mosaïque d’ethnies, avec deux langues officielles : le pachtou et le dari. Les Pachtounes constituent le premier groupe ethnique du pays, suivis des Tadjiks, puis des Hazaras, Ouzbeks, Aïmaks, Baloutches, Braouis et Nouristanis.
Politiquement, ce pays a connu la succession de plusieurs régimes durant les trente dernières années. En 1973, notamment le 17 juillet de cette année, le prince Mohamed Daoud renverse la monarchie et proclame la république. Moins de cinq années, plus tard, soit le 27 juillet 1978, des officiers pro-soviétiques renversent le président Daoud et l’assassinent. Peu de temps après, les Soviétiques envahissent l’Afghanistan et placent à la tête de l’Etat un communiste, Babrak Kamel, qui va être remplacé par Mohamed Najib, en 1986.
En 1992, le régime communiste va s’effondrer à son tour sous les coup de la résistance des «moujahiddines» soutenus par les Etats-Unis d’Amérique, au même titre que les Contras du Nicargua. Mais, à la différence de ces derniers, la cause des «moujahiddines» était juste puisque s’élevant contre l’invasion de leur pays. Les Marocains vont découvrir ce pays, à travers sa lutte contre les envahisseurs communistes. Beaucoup de jeunes, qui ont été recrutés dans les rangs des islamistes, ont fait des passages dans ce pays. Soit pour l’entraînement militaire, soit pour le renforcement de leur éducation «idéologique», et ce, même après le retrait des Soviets de ce pays. Néanmoins, après les attentats terroristes du 11 septembre dernier, tout lien avec ce pays devient suspect. L’arrestation de trois Saoudiens, présumés membres d’Al Qaïda et leur traduction devant la justice, à Casablanca, a aggravé la méfiance de la population vis-vis de toute personne ayant fait le pèlerinage dans le pays des Talibans.
De la visite, donc, d’Abdullah Abdullah au Maroc, il y a lieu de voir derrière les rideaux officiels une coordination et une conjugaison d’efforts contre le terrorisme international. Il ne relève nullement du hasard de lire dans un communiqué officiel que des entretiens ont lieu entre ce dernier et le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération marocain, Mohamed Benaïssa, ainsi qu’avec d’autres membres du gouvernement. Et que les deux ministres des Affaires étrangères des deux pays vont procéder à la signature d’un accord-cadre et d’un communiqué commun.

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