«Nous réclamons une enquête sur les décès d’Anfgou»

«Nous réclamons une enquête sur les décès d’Anfgou»

ALM : Vous prévoyez d’organiser samedi 13 janvier 2007 un sit-in devant l’hôpital provincial de Khénifra. Quel est l’objectif de cette manifestation ?
Aziz Akkaoui : L’appel à ce sit-in intervient à la suite du drame survenu dans la localité de Anfgou relevant de la commune rurale Anmezi Tounfit dans la région de Khénifra.
L’objectif de notre mobilisation est de dénoncer la marginalisation des habitants de cette localité et de protester contre les déclarations mensongères du ministre de la Santé. La situation est dramatique. Aujourd’hui, le nombre des morts recensés s’élève à 27 personnes dont la majorité est composée d’enfants, et ce contrairement aux chiffres annoncés par le ministre. Parmi les victimes figurent une jeune fille de 14 ans et une femme de 25 ans. En outre, nous avons décidé de manifester en masse pour protester contre la politique sanitaire du gouvernement. Sur ce point, c’est un désengagement total de l’Etat. Il existe uniquement un petit dispensaire à Tounfit. Pour y arriver, il faut au moins quatre heures de route et il faut être motorisé. Des familles ont vu leurs enfants mourir en route vers cet établissement sanitaire à cause de ce manque d’infrastructures de proximité. C’est une situation profondément tragique. Il faut noter que la commune rurale d’Anmezi est riche. Elle dispose d’un potentiel forestier important ; entre autres des forêts de cèdre.
Le budget de la commune dégage un excédent annuel de l’ordre de 8 millions DH. Pourtant, aucune infrastructure n’existe. Les habitants sont livrés à eux-mêmes.

Le ministère de la Santé a affirmé qu’une pneumopathie due aux conditions météorologiques sévères est à l’origine de ces décès mystérieux. Qu’en dites-vous ?
Ces déclarations sont infondées. Seuls les SDF meurent de froid et non pas des enfants qui ont un foyer. C’est insensé. Nous soupçonnons autre chose que la vague de froid. Il est probable qu’il s’agisse d’une épidémie qui sévit dans la région. C’est pourquoi, nous demandons qu’une enquête soit menée d’urgence et que des autopsies soient faites pour élucider les véritables circonstances ayant conduit à ces décès.

Une commission médicale a été dépêchée sur les lieux du drame. Que pensez-vous des opérations qu’elle a menées ?
Il est vrai qu’une commission médicale a été dépêchée sur place pour prodiguer des soins aux habitants. Cependant, cette commission a été uniquement composée d’un médecin généraliste, de quelques membres de la gendarmerie et de représentants de la commune rurale de Anmezi. Nous aurions souhaité qu’elle comprenne une équipe de médecins spécialistes dans les différentes disciplines pour pouvoir répondre aux besoins de la population de la localité d’Anfgou qui compte 1 300 personnes.

Est-ce que vous prévoyez d’autres actions de protestation ?
Nous avons décidé d’organiser une caravane de solidarité au profit de la population de Anfgou. Nous n’avons pas encore fixé la date de cette opération destinée à soutenir les habitants. D’autres associations et partis politiques y participeront également.

Anmezi : le ministère de la Santé rectifie

Pour le ministère de la Santé, le nombre des morts, suite à une pneumopathie, est de 11 personnes dont 9 enfants et non de 27 comme cela est avancé par des sources locales dont l’AMDH. Les neuf enfants qu’évoquent les services de M. Biadillah étaient âgés de 3 jours à 14 mois. L’enquête menée par les mêmes services renseignent sur la situation dramatique dans cette région : un seul infirmier pour 4.300 habitants et un centre de santé communal distant de 7 kilomètres. Le seul centre médicalisé (1 médecin et 4 infirmiers) se trouve à 65 kilomètres.

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