Nouvelle condamnation pour le « routard du crime »

Annick Maurice, 26 ans, avait disparu le 30 décembre 1986 alors qu’elle se rendait à son travail, dans un hypermarché de la banlieue de Metz, peu avant cinq heures du matin. Son corps avait été retrouvé quatre mois plus tard dans un état de décomposition avancée, à une dizaine de kilomètres de là. Les enquêteurs n’ont orienté leurs investigations vers Francis Heaulme qu’en 1995, trois ans après l’arrestation du Lorrain pour d’autres crimes, lorsqu’ils ont mis en évidence sa présence, à l’époque des faits, dans un centre de désintoxication alcoolique proche du lieu où avait été découvert le cadavre. Interrogé en 1996, celui que l’on a surnommé le « routard du crime » avait mis en cause Philippe Elivon et un troisième homme, aujourd’hui décédé, avec qui il aurait fait le mur de l’établissement. C’est au retour d’une nuit passée à boire dans un bar de Metz qu’ils auraient croisé et enlevé la jeune fille. L’avocat général avait relevé les concordances dans les premières déclarations des deux hommes, tout en jugeant plus vraisemblable que Francis Heaulme fut celui qui avait étranglé la jeune femme, la strangulation étant la cause probable mais non certaine de la mort. Pour l’avocat général, cette hypothèse est cohérente avec la personnalité de Francis Heaulme, atteint d’une anomalie chromosomique qui lui vaut une déficience intellectuelle et une impuissance qu’il compenserait dans le crime, source pour lui d' »une certaine forme de jouissance », selon les psychiatres. Déjà condamné cinq fois pour meurtre dont deux fois à la réclusion à perpétuité pour des crimes commis entre 1984 et 1992, Francis Heaulme, 42 ans, écope de la peine maximale en dépit des incertitudes qui pesaient tant sur sa culpabilité que sur le rôle respectif des deux hommes.

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