Ordre des médecins : les blouses blanches menacent d’observer une grève

Ordre des médecins : les blouses blanches menacent d’observer une grève

Le bras de fer se poursuit entre les médecins des secteurs publics, privés et universitaire et le Conseil de l’Ordre national des médecins. La réforme de l’Ordre tarde. En l’absence de réaction et surtout de dialogue, les blouses blanches n’écartent pas la possibilité de recourir à un nouveau débrayage. «Nous avons l’intention d’observer une grève nationale et un sit-in afin de faire entendre nos voix», déclare à ALM, Dr Mohamed Naciri Bennani, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral. Et d’ajouter : «la situation est bloquée depuis plusieurs années. Cette attente inexpliquée est devenue une manœuvre du président du Conseil national de l’Ordre des médecins pour retarder la réforme».
La coalition des médecins qui regroupe plusieurs Syndicats (Syndicat national des médecins du secteur libéral, les syndicats nationaux de la santé publique affiliés à la CDT et à la FDT, les Fédérations nationales du secteur de la santé affiliées à l’UGTM, l’UMT et l’UNTM et le Comité de coordination des Facultés de médecine et de pharmacie, qui relève du Syndicat national de l’enseignement supérieur) dénonce dans un communiqué l’inertie du Conseil et la nécessité de la démocratisation de l’Ordre. La coalition rappelle dans son communiqué que lors de la dernière réunion du comité tripartite, tenue le 12 octobre 2009, le président a rejeté les propositions du comité. Cependant, ce comité a exprimé son attachement au projet de loi ayant fait l’objet d’unanimité, répondant aux revendications légitimes des médecins.
Une année après la nomination par SM le Roi du Pr Moulay Tahar El Alaoui à la tête du Conseil, les syndicats avaient présenté un projet de loi concernant notamment l’organisation de l’Ordre, ses prérogatives, ses ressources, ses instances, ainsi que le respect de l’éthique et de la déontologie. Cela dit, ce projet ne fait pas l’unanimité. De nombreux points de discordes persistent. Le premier concerne le vote. Les syndicats réclament une formule plus démocratique à savoir l’universalité du vote. «Il faut donner la chance aux médecins de voter pour tout le monde» note Dr Naciri Bennani. Autrement dit, les personnes élues doivent l’être par l’ensemble des médecins du Maroc, sans prendre en considération leur appartenance à tel ou tel secteur. Autre point de divergence : la mise en place d’une instance intermédiaire. Il s’agit de l’assemblée nationale dont les membres, élus dans leurs régions, se réunissent une fois par an. Celle-ci a pour mission de contrôler le conseil de l’Ordre. Le dernier point a trait aux cotisations. «Nous avons demandé au président du conseil de tourner la page du passé et de décréter une amnistie totale de paiement des cotisations, ce qui permettra à tous les médecins de participer aux élections. Actuellement, seuls 10% des médecins sont à jour de leurs cotisations des années précédentes. Ce taux n’est pas représentatif. Le président du Conseil impose le paiement des arriérés pour participer au vote. Ce qui est injuste. Tous les médecins doivent avoir le droit de voter», conclut Dr Naciri Bennani. La balle est dans le camp du ministère de la Santé et de l’Ordre des médecins. Les syndicats s’impatientent à entamer les discussions avec les parties concernées. A quand ce rendez-vous tant attendu ?

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