Oujda : polémique autour d’un décanat

Oujda : polémique autour d’un décanat

Le travail de Mohamed El Farissi, président de l’Université Mohammed 1er, est contesté par un groupe de six enseignants de la Faculté de Droit. Ces derniers, comme l’affirme l’un des concernés à ALM, reprochent au président d’avoir tout fait pour que le poste de doyen de ladite faculté revienne à l’un de ses proches. La finalité, selon les détracteurs du président, est que ce dernier, taxé d’incompétence, s’entoure de responsables inféodés pour «avoir la paix et les mains libres».
Le bras de fer remonte à l’année dernière. Après toutes les procédures d’usage pour la désignation dans ce genre de postes de responsabilité (appel à candidature, commission de sélection, entretiens…), trois noms ont été dégagés en 2004 pour être proposés au ministre de tutelle, puis au cabinet royal. Il s’agissait, dans l’ordre, de Driss El Fakhouri, Mohamed Legsyer et Miloud Naji. Aucun des trois ne sera cependant retenu en définitive et la présidence de l’Université Mohammed 1er se voit dans l’obligation de tout recommencer en 2005. Surprise de «très mauvais goût», affirment les six détracteurs du président El Farissi, les mêmes trois enseignants, dans le même ordre, ont été reconduits pour être de nouveau proposés au décanat de la Faculté de Droit même s’ils ont été rejetés l’année dernière.
Les six enseignants, qui avaient d’ailleurs pris part aux candidatures pour ledit poste, affirment que le président de l’université a tout fait pour s’assurer que les mêmes noms soient retenus. Pour cela, affirment-ils, M. El Farissi aurait opté pour une commission de sélection «taillée sur mesure». Ils s’ajoutent même que certains candidats, une fois révélés les noms des membres de ladite commission, se seraient abstenus de participer à ce qui allait être une vraie «mascarade». Ils contestent également le système de notation choisi par ladite commission et qui veut que 100 points aillent au projet d’établissement, 100 autres au C.V du candidat et 200 points pour l’entretien. Enfin, Mohamed Meliani et ses cinq collègues, après avoir écrit à Habib El Malki, disent ne pas écarter l’éventualité d’un recours à la justice. Surtout, notent-ils, que certains d’entre eux, candidats parmi un groupe de onze prétendants, auraient été agressés verbalement par des membres de ladite commission de sélection. Faux ! rétorque le président de l’Universit. Contacté par ALM, Mohamed El Farissi rappelle d’abord que la commission de sélection est libre d’adopter le système de notation qu’elle juge le plus adapté à son travail. Quant à l’accusation d’avoir influencé la commission de 2005, le concerné affirme qu’il n’en est rien. «Il est inimaginable que je puisse influencer cinq personnes à la fois», déclare-t-il en tenant à préciser que les membres de cette commission ne se connaissent même pas et viennent de divers horizons.
Pour étayer davantage son propos, le président de l’Université Mohammed 1er affirme que les noms des membres de la commission de sélection sont proposés au ministre à qui il revient de trancher.
Mais comment se fait-il que les trois noms reviennent en 2005 et dans le même ordre. M. El Farissi  affirme que c’est la décision de la commission et s’interroge à son tour si les concernés auraient bénéficié d’un prétendu coup de main quand El Fakhouri et Legsyer ont été promus par leurs pairs et à deux reprises par plusieurs commissions élues et ayant débouché sur les mêmes résultats pour la promotion. Le bras de fer continue. A couteaux tirés.

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