Ould Abdel Aziz promet des projets pour les pauvres

Le chef du pouvoir en place en Mauritanie depuis août, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, a multiplié depuis jeudi les promesses dans des zones pauvres du pays où le Front anti-putsch l’accuse de mener une campagne prématurée pour la présidentielle du 6 juin. Selon l’Agence mauritanienne d’information (AMI), le général Ould Abdel Aziz qui sillonne depuis jeudi le triangle de la pauvreté, situé au nord du fleuve Sénégal, a promis d’œuvrer pour le bien-être des populations et annoncé notamment une baisse du coût de l’électricité.
«Nous allons procéder à une baisse de 15% du coût de l’électricité au profit des ménages pauvres qui représentent 46% des clients de la société nationale d’électricité», a annoncé le président du Haut conseil d’Etat, promettant également de lancer un projet d’électrification dans la zone, sur quelque 150 kilomètres. Le général, meneur du coup d’Etat qui a renversé il y a sept mois le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi élu en 2007, a de nouveau accusé ses adversaires politiques d’être des malfaiteurs qui ont fait main basse sur les richesses du pays qu’ils ont pillé. Il a appelé le peuple à choisir ceux qui sont capables de le servir, en votant à la présidentielle anticipée du 6 juin. Le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) l’a immédiatement accusé vendredi d’avoir inauguré une campagne électorale prématurée et ostentatoire, alors qu’il n’est pas officiellement candidat. «Par cette propagande ostensiblement démagogique, il vise désespérément à justifier le coup d’Etat abject qu’il a perpétré le 6 août 2008 et par lequel il a renversé la légalité constitutionnelle et le président élu», affirme dans un communiqué le FNDD, coalition de partis et organisations opposés au coup d’Etat. Le coup d’Etat contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays, avait été vivement condamné par la communauté internationale.
Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait pour sa part exprimé sa profonde amertume devant l’échec de la médiation récente de Mouammar Kadhafi en Mauritanie. Pour lui, cette médiation a conduit à une reconnaissance de facto du fait accompli putschiste,  en demandant le départ du président démocratiquement élu et l’application intégrale de l’agenda unilatéral du pouvoir militaire en place. Le colonel Kadhafi avait suscité la polémique, jeudi dernier, à Nouakchott en jugeant que le dossier des sanctions contre les membres du Haut Conseil d’Etat était désormais clos après l’annonce qu’une élection présidentielle aurait lieu le 6 juin prochain.

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