Ouverture sur les courants islamiques politiques

M. Toufiq qui s’exprimait, mercredi soir à Marrakech, lors d’un forum maroco-allemand sur « Les origines et la prévention du terrorisme », a estimé que cet effort serait vain tant qu’il n’est pas accompagné d’une démonstration effective, autrement dit une pratique démocratique concrète. Il a, dans ce contexte, exhorté les intellectuels arabo-musulmans à intensifier leurs efforts en vue de rejoindre les autres porte-parole de cette sensibilité pour ne pas créer des schizophrénies condamnées d’avance par l’histoire. Après avoir indiqué qu’une intégration saine et ingénieuse de la sensibilité islamique dans les temps modernes doit tenir compte de cette dynamique politique de la religion, le ministre a fait remarquer que la prise en charge de l’application de cette noble mission revient à des pouvoirs législatifs et exécutifs issus de la volonté du peuple. M. Toufiq a, par ailleurs, relevé que la lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans le cadre d’une coopération internationale et traduire la bonne volonté des uns et des autres afin de reconnaître la responsabilité de chacun dans les causes profondes des problèmes dans lesquels s’insère ce phénomène complexe qui ne date pas d’aujourd’hui. Dans le contexte islamique, le terrorisme est plutôt « un phénomène politique que social et plus social encore que religieux », a-t-il précisé, rappelant que dès sa période formative, l’Islam était reconnu par ses adeptes comme « un système complet au sein duquel doivent être réglées et régulées toutes les questions de la vie et de la mort » tant dans ce monde que dans l’au-delà. Une religion hautement politisée n’est pas fatalement une religion violente ou conquérante, mais elle peut simplement être considérée comme porteuse d’une dynamique et d’une prise de conscience individuelle et collective à l’égard des affaires de la communauté, a affirmé le ministre. Évoquant le principe fondamental de la dynamique politique élaborée par l’Islam qui consiste à prêcher le bien et à condamner le mal, M. Toufiq a estimé que cette obligation n’a pas d’équivalent dans les autres religions.

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