Ozone : Les mini-trous de Semane

Ozone : Les mini-trous de Semane

ALM : Vous avez reçu, le 14 mars, à Genève, le Prix international de la météorologie 2004. Pour quelle recherche, cette distinction vous a été attribuée ?
Noureddine Semane : L’Organisation météorologique mondiale (OMM), basée à Genève, m’a attribué son Prix, pour l’année 2004, destiné à récompenser les jeunes chercheurs pour mon article intitulé, «Un mini-trou d’ozone très profond dans la stratosphère aux latitudes moyennes de l’hémisphère Nord pendant l’hiver 2000 ». J’ai réalisé cette recherche en coopération avec le Docteur Hector Teitelbaum et le Professeur Claude Basdevant du Centre national français de la recherche scientifique. En fait, l’objectif des Prix de l’OMM est de récompenser des travaux de recherche et d’encourager les jeunes chercheurs travaillant dans les domaines de la météorologie et de l’hydrologie. Le Conseil exécutif de l’OMM m’a choisi comme lauréat de son Prix annuel lors de sa cinquante-sixième session tenue du 8 au 18 juin 2004, à Genève.  

Cette recherche a été axée sur les mini-trous d’ozone. Pourquoi et comment ?  
Il s’agit d’une étude approfondie, avec l’aide du spectromètre TOMS embarqué sur satellite de la NASA, d’un mini-trou d’ozone observé au-dessus de l’Europe du 27 au 30 novembre 2000. De telles configurations anormales de l’ozone stratosphérique peuvent avoir des effets notables sur les pics d’irradiation solaire ultraviolette (UV) nocive au sol. Étant donné la corrélation négative qui existe entre l’ozone et la quantité des rayons UV atteignant la surface terrestre, il s’avère alors fort intéressant de comprendre les causes qui sont à l’origine de la formation des mini-trous d’ozone et de prédire leur évolution spatio-temporelle.

Quelles sont donc les raisons de la formation de ces mini-trous d’ozone ?
Notre étude est arrivée à démontrer, avec des mesures et des techniques originales, que le mini-trou d’ozone très profond, affectant les moyennes latitudes de l’hémisphère Nord, en mois de novembre 2000, est causé par deux mécanismes. Le premier a mis en évidence, par l’utilisation des données des radiosondages et du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, le CEPMMT, une redistribution de l’ozone stratosphérique par l’évolution des conditions météorologiques. Cette recherche a été réalisée en se basant sur le calcul des trajectoires des masses d’air sur la région d’étude. Quant au deuxième mécanisme, il s’agit en fait de l’appartenance de la masse d’air des hautes altitudes se trouvant au-dessus de la région étudiée. La description de cette configuration particulière de l’air aux hautes altitudes a été faite moyennant l’analyse de données précises élaborées à partir des champs météorologiques du CEPMMT.

Quel est l’apport d’une telle recherche en matière de protection de la couche d’ozone ?
Il ne s’agit pas en fait de protéger la couche d’ozone, mais de contribuer à la prévision de son éventuel amincissement au niveau des moyennes latitudes. Plus précisément, ce travail va aider la communauté scientifique à prévoir les diminutions particulières de l’ozone stratosphérique qui joue un rôle écran en filtrant les rayons nocifs ultraviolets (U.V.). Ces rayons sont responsables, en fait, des cancers de la peau, des cataractes et sont même nuisibles aux plantes et aux algues photosynthétiques. D’ailleurs, la détermination des causes qui sont à l’origine des mini-trous d’ozone stratosphérique, en se basant sur des données météorologiques, contribuera certainement à l’amélioration de la prévision des pics d’irradiation solaire ultraviolette (UV) nocive. Suite aux prévisions de ces anomalies négatives spéciales de l’ozone stratosphérique, il sera alors question de diffuser des messages d’alerte demandant aux populations de ne pas s’exposer au soleil pendant les journées de ces pics des rayons UV.

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