Pablo Lunda critique l’ANAPEC

ALM : Le démarrage du programme «d’appui institutionnel à la circulation des personnes», projet de coopération entre le Maroc et l’UE, est prévu en octobre prochain. Est-ce que l’échéance se maintient ?
Pablo Lunda : En principe, oui. Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre du programme MEDA, a été approuvé en 2003. La convention de financement a été signée par la Commission européenne et le gouvernement marocain en 2004. L’enveloppe financière mobilisée par la Commission européenne pour la réalisation de ce projet est de l’ordre de 5 millions d’euros. Ce programme devrait en principe débuter en octobre 2005. Il y aura des changements mineurs par rapport à ce qu’il a été prévu dans la convention de financement suite aux assises de l’emploi prévues les 22 et 23 septembre. Le gouvernement marocain y présentera sa nouvelle politique en matière d’emploi ainsi que la nouvelle organisation de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et les compétences (ANAPEC).

Quels sont les objectifs principaux de ce programme de partenariat ?
L’objectif principal du projet est d’améliorer la structuration de la circulation légale de personnes aux fins de travail (CLPT) entre l’UE et le Maroc par le renforcement institutionnel des structures marocaines appropriées. En d’autres termes aider les institutions marocaines notamment l’ANAPEC, qui est notre partenaire marocain pour la gestion des offres d’emploi européennes, à jouer le rôle d’intermédiation pour le marché européen. Il est question d’aider l’ANAPEC à apporter l’information et la formation nécessaires aux candidats à la migration. Par ailleurs, une agence sera ouverte à Bruxelles, et quatre agences régionales seront créées au Maroc. Ces agences auront une mission d’information. Elles auront également la charge d’assurer la formation professionnelle des candidats à la migration avant leur départ vers l’Europe. Une division internationale sera également mise en place au sein de l’ANAPEC. L’agence aura aussi un rôle d’aide au retour des MRE souhaitant réintégrer la vie professionnelle au Maroc.

Est-ce que, d’après vous, l’ANAPEC est le partenaire idéal pour réussir ce projet ambitieux sachant que l’agence a beaucoup perdu de sa crédibilité suite à l’affaire scandaleuse «Annajat » ?
En effet, cette question a beaucoup préoccupé la Commission européenne puisque ce projet est extrêmement important aux yeux de l’UE. Un diagnostic institutionnel et organisationnel de l’ANAPEC, élaboré en fin 2004, a permis de dresser l’état des lieux de l’institution et de formuler des mesures à prendre pour que cette dernière soit capable d’assumer son rôle dans le projet.
L’état des lieux était très préoccupant.
Des griefs et recommandations ont été formulées. Le rapport élaboré a critiqué la gestion financière des ressources humaines et financière, et recommandait de confier ces missions à deux directions différentes.
Dans le même rapport, il a été notifié que l’ANAPEC manquait d’instrument de pilotage. Parmi les recommandations formulées figure également l’amélioration de gestion de l’agence. L’ANAPEC devra changer de style de management. La transparence est un autre élément très important dans le cadre de la restructuration de l’agence. Le gouvernement marocain nous a donné l’assurance que des réformes au niveau de l’agence seront menées.
La nomination d’un nouveau patron à la tête de l’agence est un élément positif.

Quel est le rôle du service d’appui au retour, qui sera créé au niveau de l’ANAPEC ?
Ce service a pour objectif d’appuyer les projets d’investissements économiques, initiés par les Marocains Résidents à l’Etranger, dans leurs pays d’origine.

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