Paralysé à cause d’une amygdalite

Comment comprendre qu’un petit garçon en pleine santé, puisse subir une petite opération d’ablation des amygdales et se retrouver avec une paralysie de la partie droite du corps ? Ce genre de tragédie, malgré toutes les explications médicales qu’on pourrait avancer, demeurera toujours inadmissible. Cette situation dramatique est celle que vit Radouane Zouhir ainsi que sa famille. Rien ne lui augurait un aussi triste sort. Ce petit garçon, de l’avis des médecins et de sa famille, était en bonne santé. Rien ne perturbait le cours de sa vie de petit garçon de 10 ans que ses amygdales qui s’enflammaient fréquemment. Pas besoin de rappeler que c’est le cas de beaucoup d’autres enfants. 
A son arrivée à l’hôpital 20 août le 10 mars 2005, il présentait des amygdales hypertrophiés qui nécessitaient l’ablation. «Quand les inflammations d’amygdales sont récidivantes, le germe peut atteindre le cœur. Aussi est-il préconisé de les enlever», explique Dr Najib El Harrar, chef du service réanimation à l’hôpital 20 août. Chose décidée, chose faite. Le petit garçon de 10 ans est rentré au service ORL pour se faire opérer, après avoir effectué un bilan sanguin. Deux médecins anesthésistes-réanimateurs lui ont fait subir un examen clinique avant l’anesthésie. D’ordinaire, l’opération ne dépasse pas les 15 mn. Au bout de moins de 10 mn, Radouane a  eu un bronchospasme très sévère. «Les médicaments anesthésiants peuvent être classés en plusieurs catégories. Beaucoup contiennent des éléments allergènes», explique Dr Najib El Harrar. Le bronchospasme est la réaction allergique de Radouane suite à l’administration du médicament anesthésiant. C’est une réaction provoquée par une vasoconstriction des bronches. C’est un resserrement qui s’effectue au niveau des bronches après le refus du corps de l’élément allergène.
Le cœur, affaibli par le manque d’aération, s’est arrêté. «Dès l’arrêt du coeur, nous avons effectué le massage cardiaque, pour réanimer le patient. Nous avons aussi administré des doses de médicaments pour la réanimation», raconte le chef du service réanimation. Et de continuer : «Après 4 mn, le cœur a recommencé à battre. Le petit a été transféré au service de réanimation». Radouane a eu droit à l’oxygénation et la ventilation artificielle.
Son alimentation se faisait par voie veineuse. Il n’a ouvert les yeux qu’après deux jours. «Le risque de compromettre le diagnostic vital étant surmonté, il fallait cerner les dégâts au niveau des autres organes et en premier lieu le cerveau», déclare Dr. Najib El Harrar. En effet, la non-oxygénation du cœur, ne serait-ce que pendant une minute, peut avoir des conséquences dangereuses. Un examen du cerveau au scanner a été fait : aucun signe d’endommagement n’a été détecté. Ceci n’a pas empêché le petit Radouane Zouhir d’être paralysé. Le 5 avril, date de la visite d’ALM au service réanimation à l’hôpital 20 août, Radouane gisait toujours sur son lit, recroquevillé, les membres tordus à force de douleurs cérébrales. Seul son regard figé témoignait de la douleur et du choc qui le tenaillait. Ayant perdu l’usage de ses membres droites, le petit garçon vit au rythme des visites régulières de sa mère peinée qui vient l’assister physiquement et moralement. «A l’heure qu’il est, Radouane a plus besoin de rééducation dans un centre spécialisé que de soins médicaux. Nous avons essayé de faire les démarches nécessaires dans ce sens, d’autant plus que la famille du petit est manifestement démunie», a souligné le chef du service réanimation.

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