Parfum de scandale au COS-Parlement

Parfum de scandale au COS-Parlement

Le bureau de la Chambre des représentants refuse toujours de débloquer le budget annuel à l’association des oeuvres sociales des fonctionnaires de la Chambre. Il s’agit d’un véritable bras de fer que se livrent le président de l’association, Abdelmajid Abqari, d’un côté, et le fraîchement débarqué secrétaire général de la Chambre, Abdeljalil Zerhouni. Et entre les deux, se trouvent le président de la Chambre des Représentants, Abdelouahed Radi et tous les membres du bureau.
Tout a commencé en été 2004. Radi a envoyé une lettre au président de l’association (une missive signée par le secrétaire général) lui demandant de mettre à la disposition du bureau tous les documents comptables relatifs à la dépense des budgets de l’association pour les trois dernières années. Et pour cause, le bureau a reçu d’innombrables plaintes au sujet du manque de transparence qui règne au sein de l’association. Dès qu’il a eu son nouveau poste, Zerhouni, qui est le supérieur hiérarchique des fonctionnaires de la Chambre, semblait donc vouloir mettre un terme aux multiples dérapages que connaît la gestion de l’association. Cette dernière devant profiter à tout le personnel et non pas seulement à une poignée de personnes.
En tout cas, Radi a estimé que le flou qui caractérise la gestion financière mérite au moins décisions. D’une part, il demanda aux deux questeurs du bureau, l’Istiqlalienne Hafida Jadali et le Pjdiste Abdelaziz Omari, de diligenter une enquête sur cette affaire. Et d’autre part, pour débloquer la subvention, Radi exigea que toutes les dépenses engagées par l’association soient approuvées au préalable par la direction de la Chambre.
L’audit réalisé par les questeurs s’est soldé par un échec. L’association ne tient aucun document comptable retraçant ses dépenses. Les crédits sont distribués de manière anarchique, parfois même à des non-fonctionnaires. Les dépenses des voyages organisés pour les enfants du personnel ne sont pas justifiées. La liste des irrégularités est très longue.
Pour se défendre, Abdelmajid Abqari a rappelé dans une lettre adressée à Abdelouahed Radi que « l’intervention de la direction dans la gestion financière de l’association est une atteinte aux droits de cette dernière ». Driss Sentissi, premier vice-président de la Chambre, explique que l’association n’a qu’un seul bailleur de fonds: la Chambre des Représentants. Il est donc normal que cette dernière s’assure que ses deniers publics sont convenablement dépensés.
Aussi, Abqari a indiqué que l’assemblée générale de l’association lui a donné son quitus lors de la réunion du 21 octobre. « Quand il s’agit de deniers publics, la prescription est de 20 ans », rétorque Sentissi. Mieux, Abqari a laissé entendre que derrière toute cette affaire, certains milieux veulent porter atteinte à l’institution parlementaire. En tout cas, Sentissi a estimé que « le président et le bureau de la Chambre vont tout faire pour que cette affaire ne prenne pas des dimensions exagérées ». Et d’ajouter « nous voulons, tous, que le personnel dispose d’une association qui opère dans la transparence totale car ces fonctionnaires sont le fer de lance de l’action parlementaire ». A ce titre, Sentissi a rappelé que la Chambre a mis au point un programme de formation pour le personnel, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Toutefois, « s’il s’avère qu’effectivement l’argent de l’association a été dilapidé, le dossier sera immédiatement remis à la justice », prévient Sentissi. Et dans ce cas, c’est la Cour des comptes qui prendra le relais.
Et les choses risquent de se gâter sérieusement pour les responsables de l’association. En attendant, la buvette des fonctionnaires, gérée par l’association, a été fermée.
Au sein même de l’association, des voix se sont levées pour critiquer la gestion désastreuse d’Abqari. C’est le cas des trois comptables de l’association qui ont reconnu que les finances de cette dernière sont totalement floues et pas du tout conformes aux dispositions légales. Finalement, l’association se retrouve avec un trou de plus de 50 millions de centimes, des dépenses qu’Abqari est manifestement incapable de justifier. Cette semaine, le bureau de la Chambre va réunir les différentes parties pour tirer au clair cette affaire. A suivre…

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