Parricide pour une histoire de mariage

Dans le prétoire de la Chambre criminelle près la Cour d’appel du Gharb, les deux frères, auteurs du parricide, étaient rongés par les remords en cette matinée du mercredi. Les magistrats de la Cour n’en revenaient pas. Ali et Mohamed, 39 et 41ans, n’osaient pas soutenir le regard du procureur du Roi. N’était leur état d’ébriété avancé, ils n’auraient jamais pu songer à commettre un forfait de cette nature, devaient-ils lui déclarer, les yeux embués de larmes. Leur paternel était un homme respecté dans la localité de Sidi Allal Tazi , un agriculteur qui aimait le labeur dans ses champs de blé tendre. En dépit de son âge, il adorait profiter des plaisirs de la vie sans perdre de vue ses devoirs envers les membres de sa famille, ô combien nombreuse, ni même négliger ses obligations religieuses. Seulement voilà, lassé de son ménage avec son épouse Khadija , Jilali se mit en quête d’une jeune compagne pour se remémorer sa jeunesse . Homme nanti, il pouvait fort bien contracter un autre mariage. Il avait déjà des vues sur une fille de sa bourgade qui le faisait loucher chaque fois qu’elle passait près de lui. Toutefois,celle qu’il projetait prendre pour épouse était la préférée d’Ali qui n’avait d’yeux que pour elle. Lui-même passait le clair de son temps à méditer sur l’heureux événement qui ferait de lui un mari porté aux nues d’autant plus qu’il ignorait tout du projet de son père. Mohamed, son frère et meilleur confident, l’avait toujours encouragé à demander sa main avant que quelqu’un n’en vienne à la lui ravir. Jilali était sur son petit nuage lorsque sa demande en mariage fut bénie par les parents de sa jeune et future épouse, consentante à son corps défendant. Entre-temps, ses deux fils aînés qui venaient d’achever une journée bien fructueuse de négoce au souk hebdomadaire de mardi buvaient autour d’un feu allumé tout en évoquant des souvenirs d’enfance. Une fois les bouteilles vidées, ils étaient plus éméchés que de coutume, marchant en titubant jusqu’à l’arrivée au domicile familial. Leur père les attendait pour annoncer la bonne nouvelle. Et juste au moment où il devait prononcer le nom de la future belle mère, ses deux rejetons bondirent sur lui comme des fauves, pour lui fracasser le crâne contree le sol avec une violence inouïe. La mort fut presque instantanée. Les cris d’horreur de leur mère attireront tous le voisinage. Quelques heures plus tard, les services de la Gendarmerie atterrissent à l’endroit précité et arrêtent les deux frères meurtriers qui n’ont manifesté aucune résistance . Déférés dernièrement devant la Cour d’appel de Kénitra, chacun d’eux écopera de 20 ans de réclusion criminelle.

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