Pas de prestations de base pour les enfants pauvres des villes

Pas de prestations de base pour les enfants pauvres des villes

Les enfants vivant en milieu urbain sont chaque jour confrontés à des difficultés et privés de leurs droits. Dans son dernier rapport  2012  intitulé «Les enfants dans le monde urbain», l’Unicef dresse un constat alarmant. Les enfants pauvres qui grandissent en ville  subissent au quotidien des violations de leurs droits. Si les villes offrent généralement de meilleures possibilités d’aller à l’école, de bénéficier de soins médicaux et de loisirs, les enfants désavantagés ont peu de chances d’en bénéficier. C’est dans les villes que l’on retrouve les disparités les plus profondes. Cette injustice urbaine est commune à tous les pays et le Maroc n’est pas épargné. La scolarisation à l’école primaire n’est pas facile pour bon nombre d’enfants pauvres. Bien que l’enseignement primaire soit gratuit, les coûts annexes constituent un handicap pour les familles. A Casablanca, les frais de scolarité peuvent représenter plus d’un quart des revenus du ménage pour les familles dans le quintile de revenus le plus bas. Sur le volet éducation, le rapport indique que le taux d’alphabétisation des jeunes Marocains âgés de 15 à 24 ans est de 72% pour le sexe féminin contre 87% pour le sexe masculin. Quant au taux de scolarisation à l’école primaire, celui-ci est de 92%   pour les garçons contre 88% pour les filles. En matière de protection de l’enfance, d’importants efforts sont à mener. A commencer par le mariage des mineurs.  Le rapport indique à ce sujet que le mariage précoce  touche 3% des filles âgées de 15 ans. Elles sont 16% à s’être mariées à l’âge de 18 ans. Le document  donne également un état des lieux du travail des enfants au Maroc qui touche 9% des garçons contre 8% pour les filles. Par ailleurs, l’Unicef souligne que 64% des adolescentes marocaines pensent qu’un mari est en droit de frapper sa femme dans certaines circonstances. S’agissant des indicateurs liés à la nutrition, le rapport indique que 15% des nouveau-nés présentent une insuffisance pondérale à la naissance et que l’initiation précoce  à l’allaitement touche 52% des femmes. A noter que l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois n’est que de 31%. L’Unicef s’est intéressée au bien-être des enfants en classant les pays selon le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans estimé en 2010. Il ressort de ce classement que le Maroc figure à la 69ème position  avec un taux de mortalité de 36 pour 1000. En 2010, le nombre de décès des enfants de moins de 5 ans était estimé à 623.000.
Le constat est là : la poursuite de l’urbanisation est inévitable. Dans quelques années, la majorité des enfants grandiront dans des villes plutôt qu’en milieu rural. Les enfants nés en ville représentent déjà 60% de la croissance de la population urbaine. Et les  privations subies par les enfants dans les communautés urbaines pauvres passent souvent inaperçues. L’Unicef déplore le fait  que les moyennes statistiques générales regroupent tous les citadins, riches ou pauvres, dans la même catégorie. Et par conséquent, les besoins des personnes les plus pauvres ne sont pas pris en compte.
Pour ces raisons, l’Unicef  exhorte les gouvernements à mettre les enfants au cœur de leur politique d’urbanisme. Pour parvenir à cet objectif, il est tout d’abord nécessaire de disposer de données mieux ciblées et plus précises pour identifier les disparités entre enfants dans les zones urbaines et les corriger. Selon l’Unicef, la pénurie de ces données prouve à quel point ces questions ont été négligées.

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