Pas d’UMA avec une Algérie hostile

Deux événements ont marqué le début du mois courant : le sommet euroméditerranéen 5+5 qui s’est tenu en Tunisie et la visite du chef du gouvernement espagnol au Maroc. A travers ces deux événements, une seule vérité s’impose à savoir qu’aucune paix juste et durable au Maghreb et dans le bassin méditerranéen n’est possible sans le règlement définitif de la question de l’intégrité territoriale du Maroc. Une vérité annoncée sans ambages et de manière nette par SM le Roi Mohammed VI lors de l’ouverture du Sommet 5+5 à Tunis. En effet, à cette occasion, SM le Roi a tenu à poser la question du Sahara en termes clairs et sans complaisance. Pour gagner le pari de l’édification de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), dit-il, il est impératif de dépasser les obstacles qui se dressent devant cet objectif, à travers un règlement pacifique négocié, consensuel et définitif du conflit artificiel créé autour de l’intégrité territoriale du Maroc. «Cette solution, a ajouté le Souverain, devrait en outre permettre aux populations de la région de gérer leurs propres affaires régionales, dans le cadre de la démocratie, de la stabilité et du développement intégré et épargner à la région le risque de devenir un foyer de tension et de conflit». Mais, l’Algérie ne semble pas vouloir entendre cette vérité de la même oreille. En annonçant que «Ce qui est au Maghreb est au Maghreb et ce qui est à la communauté internationale est à la communauté internationale », le président algérien n’a fait que dissimuler ses vraies intentions en ce qui concerne l’Unité du Maghreb ; sachant que les dispositions régissant l’UMA insistent sur la nécessité de la défense commune dès qu’un Etat de cette entité est menacé dans son intégrité territoriale. Dans le cas échéant, non seulement les Algériens avaient soutenu, l’Espagne lors de son agression contre le Maroc, dans l’affaire de l’îlot Leila, mais plus grave encore, ils abritent et alimentent depuis plusieurs décennies un mouvement séparatiste qui ne cesse de porter atteinte au Royaume du Maroc, lequel est un Etat membre-fondateur de cette UMA. Et, dans le même ordre, ils offrent une bonne partie de leur territoire pour la détention de prisonniers marocains. Or, face à cette situation, toute déclaration au sujet de l’unité maghrébine et d’un sommet à ce sujet reste sans effets tant que les différends à ce sujet ne soient pas totalement réglés. Aussi, tout discours sur le voisinage et les relations fraternelles demeure tronqué tant que les frontières entre les pays de la région sont fermées et la circulation des personnes et des biens continue à être entravée. L’Espagne, de son côté, assume une grande part dans la tension qui prévaut entre le Maroc et l’Algérie et n’arrive toujours pas à se libérer de ses anciens réflexes coloniaux, aussi bien à travers son soutien «trop généreux» au séparatisme dans la région maghrébine qu’en ce qui concerne son obstination à occuper les villes de Sebta et Mellilia et d’autres territoires marocains. Certes, à l’occasion de sa visite au Maroc, le chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, s’est dit favorable à des «négociations entre les parties» pour parvenir à une solution à la question du Sahara et souhaité que les cinq pays maghrébins puissent prendre «des initiatives positives» pour avancer dans la construction de l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Mais, dans la pratique, ce discours devient creux et sans consistance réelle. Car, durant ses deux mandats, M. Aznar et son équipe gouvernementale, ont largement participé à l’alimentation de la tension dans la région maghrébine, notamment à travers leur soutien aux séparatistes et leur politique hostile au parachèvement de l’intégrité territoriale du Maroc. Un des points noirs de cette politique n’est autre que leurs positions au sein du Conseil de sécurité et leurs manoeuvres, en complicité de l’Algérie, dans le sens du triomphe de la thèse anti-marocaine. N’est-ce pas l’Espagne qui a poussé la Communauté internationale, lors de sa présidence du Conseil de sécurité, à adopter un Plan qui encourage la division du territoire marocain et favorise le séparatisme. N’est-ce pas l’Espagne qui accueille sur son territoire des représentants d’un mouvement séparatiste dit sahraoui qui ne dispose d’aucune légitimité historique et dont les principaux membres fondateurs ont regagné le Maroc et révisé leurs positions à l’égard de leur pays. Et n’est-ce pas, enfin, l’axe Alger – Madrid qui fait le plus de tort à l’intégrité territoriale du Maroc. Le séparatisme qui se dissimule derrière l’identité sahraouie pourra-t-il survivre sans l’appui de cet axe? Il va sans que bon nombre de positions ne traduisent guère les bonnes intentions des voisins, algériens et espagnols. Bref, quand M. Aznar dit comprendre «combien la question du Sahara est importante pour le Maroc», il ne fait que flatter le sentiment national marocain, à un moment où son dernier mandat arrive à son terme.

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