avril 22, 2018

 

Pauvreté, emploi et éducation : Les inégalités se creusent au Maroc

Pauvreté, emploi et éducation : Les inégalités  se creusent au Maroc

L’ONG Oxfam vient de publier un rapport à l’occasion du Forum économique de Davos

Un Marocain sur deux a un niveau de vie inférieur à 11.589 DH par an, soit 966 DH par mois. La situation est plus alarmante en milieu rural où la moitié des habitants vit avec moins de 8.678 DH par an contre 14.270 DH en ville.

L’ONG Oxfam vient de publier un rapport à l’occasion du Forum économique mondial de Davos qui se tient du 22 au 26 janvier. Dans son nouveau rapport intitulé «Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent», Oxfam montre que la crise des inégalités n’a jamais été aussi aiguë. Au Maroc, les inégalités restent bien ancrées. Pour rendre compte du degré des inégalités, Oxfam s’est basé sur l’indice de GINI au cours des dernières années. La comparaison avec les pays voisins (Tunisie, Algérie et Egypte) montre que le Maroc possède le niveau d’inégalité le plus élevé d’Afrique du Nord.  La majorité de la population subit cette crise des inégalités en dépit des avancées réalisées ces 25 dernières années grâce notamment à l’INDH. Oxfam note que la situation globale des Marocains s’est améliorée au cours de ces dernières années. Le taux de pauvreté entre 2001 et 2014 a été réduit par 3 en passant de 15,3 à 4,8%, la dépense annuelle moyenne est passée d’environ 10.000DH à plus de 15.000 DH par personne et le niveau de vie des plus modestes a progressé un peu plus vite que celui du reste de la population. Cela dit, l’accumulation des richesses par un petit nombre contraste avec le reste des habitants. 

Selon Oxfam, un Marocain sur deux a un niveau de vie inférieur à 11.589 DH par an, soit 966DH par mois. La situation est plus alarmante en milieu rural où la moitié des habitants vit avec moins de 8.678 DH par an contre 14.270 DH en ville. Au total, plus de 1,6 million de personnes restent pauvres et 4,2 millions sont en situation de vulnérabilité.  Dans son rapport, Oxfam fait remarquer que les jeunes et les femmes continuent d’être largement exclus du marché du travail.  Le Maroc affiche un faible taux d’activité (47%) qui s’explique essentiellement par l’absence des femmes sur le marché du travail. Seules 22% d’entre elles occupent un emploi contre 65% des hommes. Oxfam relève également que les discriminations basées sur le genre sont encore en vigueur pour ce qui est des héritages, divorces et biens matrimoniaux. L’emploi des jeunes constitue un problème de taille. Les jeunes diplômés sont particulièrement touchés par le chômage.

Par ailleurs, la santé, la couverture sociale et l’éducation sont au cœur des inégalités. Au total, 1,7 million de Marocains, soit 28% des 15-24 ans, ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation (NEET) et 80% sont des femmes. Autre constat : la majorité des jeunes qui parviennent à obtenir un travail occupe des emplois précaires. Et par conséquent, 8 travailleurs sur 10 sont dépourvus de couverture médicale et sociale.  S’agissant de l’accès aux soins, l’ONG note une amélioration. Cela dit, encore beaucoup de Marocains n’y ont pas accès sachant que le Maroc ne compte que 6,2 médecins pour 10.000 habitants, contre 12 en Algérie et en Tunisie. L’éducation constitue l’autre défi de taille pour le pays.  Près d’un tiers de la population est encore analphabète. Le phénomène touche davantage les femmes en milieu rural (60%). Des avancées ont été enregistrées au niveau de la scolarisation des jeunes filles qui atteint près de 90%. Elles sont désormais autant scolarisées que les garçons en primaire et en passe de le devenir dans les niveaux supérieurs. Néanmoins, 10% d’entre elles abandonnent leur scolarité au secondaire. Ces inégalités scolaires ont de graves répercussions par la suite. Selon le HCP, «les inégalités des chances contribuent à  hauteur  de 26,4% à l’inégalité des revenus salariaux». En matière d’éducation, Oxfam rappelle  qu’un Marocain est scolarisé pendant 4,4 ans,  soit deux ans de moins que la moyenne des pays arabes (6,3 ans) et plus de trois ans de moins que la moyenne mondiale (7,7 ans).

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