Pédophilie : Des jugements jugés trop cléments

Pédophilie : Des jugements jugés trop cléments

La pédophilie, véritable drame social continue d’être un sujet tabou dans notre société. Combien d’enfants sont victimes d’abus sexuels au Maroc ? Difficile de répondre à cette question. Il n’y a quasiment pas de statistiques ou de données fiables sur ce sujet. Cela dit, ce fléau est en expansion. «Il y a au Maroc un accroissement annuel des violences sexuelles de 4,5% en moyenne», a indiqué Selwa Benabdallah, présidente de l’organisation «Innocence en danger Maroc» lors d’une conférence qui s’est tenue le jeudi 20 novembre à Casablanca. Cette rencontre a été l’occasion de dresser l’état des lieux des abus et de l’exploitation sexuels des enfants. La plupart des enfants, victimes d’abus sexuels, sont âgés de moins de 10 ans. Quant au viol, il a lieu essentiellement au sein de la famille, dans des écoles, des mosquées, des cybers, en colonie de vacances… «Les filles sont abusées dans les milieux d’encadrement à caractère familial ou éducatif (famille, école) et les garçons dans d’autres espaces (la rue, les ateliers d’apprentissage», a affirmé Dr Ghizlane Benjelloun, pédopsychiatre et vice-présidente d’«Innocence en Danger Maroc» avant d’ajouter que : «le violeur est souvent un adulte. Dans tous les cas, il est plus âgé que la victime». Si le code pénal sanctionne le viol d’une personne mineure à une peine minimale de 10 ans de prison et maximale de 20 ans, il est choquant de constater que dans la réalité le violeur n’écope que d’une année de prison et parfois même il est acquitté. Les  sanctions sont sans commune mesure avec le délit perpétré à l’encontre de l’enfant. «Je ne comprends pas pourquoi la justice est du côté des pédophiles», s’interroge Najia Adib, présidente de l’Association «Touche pas à mes enfants». Et de poursuivre: «le pédophile est un élément nuisible qu’il faut éliminer tout comme lorsque l’on éradique un virus. C’est pourquoi je réclame la peine de mort». Selon, Dr Benjelloun, plusieurs obstacles entravent l’application de la loi. «L’accès aux services de police et de justice reste difficile pour l’enfant. La police est perçue comme un moyen de répression et non de protection. Peu de crédit est donné à la parole de l’enfant. Sur le plan médico-légal, malgré la levée du secret professionnel, il est navrant de constater que peu de déclarations sont faites par les médecins». Lors de cette rencontre, plusieurs familles n’ont pas hésité à se déplacer pour témoigner. «Ma fille a été violée alors qu’elle n’avait que 8 ans. Sa vie a totalement basculé. Elle a toujours peur d’aller à l’école. J’essaie du mieux que je peux de la soutenir psychologiquement. L’abuseur a quant à lui été condamné à 5 ans de prisons», raconte la mère de la jeune fille. Mais le cas le plus poignant est celui d’une petite fille âgée de 2 ans et demi qui a été violée par son oncle puis par son père. «Ma fille a été violée à plusieurs reprises  par son oncle. Lorsque j’ai révélé la vérité à son père, au lieu d’être du côté de sa fille, il a commencé à me frapper. J’ai alors décidé de ne plus partager le même lit. Un jour, je suis rentrée dans la chambre à coucher et je l’ai trouvé en train de déflorer sa fille âgée de seulement deux ans et demi avec ses doigts. Pour sauver ma fille qui est toute ma vie, j’ai demandé le divorce et je lui ai tout laissé», révèle la jeune femme effondrée.  L’enfant qui subit des sévices sexuels est marqué à vie. Il a besoin du soutien psychologique et de l’amour de ses parents. Au lieu de d’être à l’écoute de leurs enfants qui ont été abusés sexuellement, de nombreux pères n’ont pas hésité à quitter leurs épouses et pire à frapper leurs filles comme si c’étaient leurs propres fautes. La prévention, l’information et la sensibilisation constituent un premier pas pour lutter contre ce fléau qui ronge la société.

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